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700 000 Catalans dans les rues de Barcelone pour dénoncer la répression policière lors du référendum

L'appel à la grève générale lancé par les principaux syndicats de la Catalogne a donné lieu à diverses manifestations mardi à Barcelone. La police municipale évalue à 700 000 le nombre de personnes qui sont descendues dans les rues pour dénoncer la violence policière lors du référendum d'autodétermination tenu dimanche dans cette région autonome de l'Espagne.

Dans les rues de la capitale administrative de la Catalogne, les manifestants ont agité des drapeaux séparatistes en scandant des slogans tels que « Forces d'occupation dehors! Les rues seront toujours à nous! ».

Dès le début de la journée, les manifestants ont érigé des piquets de grève sur 47 routes et autoroutes. Le mouvement a pratiquement paralysé les transports en commun de la région et entraîné la fermeture de toutes les écoles de Catalogne, ainsi que des centres médicaux et de centres de services gouvernementaux.

Les entrées de plusieurs bâtiments publics ont été bloquées par des groupes de partisans de l'indépendance et une partie importante des fonctionnaires catalans ne sont pas entrés au travail.

Les pompiers, les débardeurs ainsi que de nombreux commerces, supermarchés et cafés ont emboîté le pas.

« La paralysie est quasi totale. Elle affecte les dockers et les transporteurs. Il n'y a ni activité maritime ni terrestre », a expliqué à l'AFP une porte-parole du port de Barcelone, troisième port en importance de l'Espagne. Près de 32 000 personnes travaillent chaque jour dans le port de Barcelone.

Les universités publiques, le Musée d'art contemporain, l'opéra et même la Sagrada Familia, la cathédrale de l'architecte Antoni Gaudi, sont touchés par la grève.

Toutes les équipes sportives professionnelles catalanes ainsi que celles des jeunes ne s'entraînent pas pour la journée.

De nombreuses manifestations ont aussi été organisées un peu partout sur le territoire, mais aucun débordement n’est signalé pour le moment. Le siège du Parti populaire, au pouvoir en Espagne, ainsi que la préfecture de la police nationale ont tous deux été le théâtre d'importants rassemblements.

Les deux principales centrales syndicales espagnoles, l'Union générale des travailleurs et les Commissions ouvrières, ont cependant refusé de soutenir ce mouvement de grève.

Un climat très tendu

Les tensions sociales demeurent toujours importantes en Catalogne, souligne Henry De Laguérie, deux jours après un scrutin populaire marqué par la répression policière destinée à empêcher la tenue du plébiscite déclaré illégal par la justice et le gouvernement central espagnol.

Environ 900 personnes ont été blessées lors d’échauffourées avec la police, qui a mené de violentes opérations dans une centaine de bureaux de vote pour empêcher la tenue du scrutin qui a eu lieu malgré tout.

Selon les autorités catalanes, sur les quelque 2,26 millions d'électeurs qui ont tout de même réussi à voter, 90 % ont dit oui à l'indépendance.

La police espagnole dérange

La présence toujours visible de nombreux policiers espagnols en Catalogne alimente depuis les tensions avec les militants indépendantistes qui se massent devant les hôtels où logent ces policiers.

Les manifestants, qui ne parlent plus de police, mais désormais de « forces d’occupation », réclament leur départ du territoire catalan à grands cris, ce qui alimente encore la tension entre le gouvernement espagnol et les Catalans.

Lundi, le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a demandé une médiation internationale et a appelé l'Union européenne à cesser d’ignorer la situation de la région du nord-est de l'Espagne. Jusqu'ici, les institutions de l'Union européenne ont fait bloc derrière le gouvernement central espagnol, estimant qu'il s'agit d'une question de politique intérieure.

Carles Puigdemont a aussi pressé les policiers envoyés par Madrid de quitter la Catalogne.

Le gouvernement central espagnol soutient de son côté que les quelque 5000 policiers nationaux déployés en renfort en Catalogne resteront sur place tant qu'il le jugera nécessaire.

Une « incitation à la rébellion », dénonce Madrid

Réagissant à la pression populaire exercée sur les policiers espagnols dépêchés en Catalogne pour la tenue du référendum, le ministre de l’Intérieur Juan Ignacio Zoido a accusé le gouvernement régional catalan « d’inciter la population à la rébellion ».

Selon lui, la multiplication des cas de harcèlement envers les policiers espagnols, déployés en renfort dans la région pour maintenir l’ordre, est directement attribuable à l'attitude du gouvernement indépendantiste catalan.

L'Écosse interpelle l'UE et l'ONU

À Édimbourg, le gouvernement écossais a appelé l'Union européenne ou les Nations unies à intervenir pour dénouer la crise en Catalogne.

« Le gouvernement écossais espère qu'un dialogue permettra aux gouvernements espagnol et catalan de trouver une solution qui respecte l'État de droit, la démocratie, mais aussi le droit du peuple de Catalogne à décider de son avenir », a expliqué la ministre des Affaires étrangères écossaise, Fiona Hyslop.

« Mais cela nécessitera des mesures internationales, et c'est pourquoi je pense que les institutions européennes ou l'ONU doivent avoir la responsabilité d'essayer de résoudre la crise », a ajouté la ministre.

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