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Accord Canada-UE : « le sommet de demain est encore possible »

Le gouvernement fédéral belge et ses entités fédérées ont repris les négociations mercredi après s'être quittés en milieu de soirée, hier, sans parvenir à un déblocage sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et le Canada.

Les dirigeants, qui ont négocié pendant six heures mardi, ont repris les discussions, à 8 h ce matin, à la résidence de fonction du premier ministre belge Charles Michel. 

« L'accord entre l'UE et le Canada est conclu et nous en sommes très contents », a déclaré le ministre-président de Wallonie, le socialiste Paul Magnette. « Mais il demeure certains problèmes entre l'Europe et la Belgique et nous faisons de notre mieux pour les résoudre », a-t-il ajouté.

« On continue à discuter, poursuit M. Magnette, devenu le chef de file de l'opposition à l'Accord économique et commercial global (AECG). Il reste deux sujets importants. On a beau avancer sur beaucoup de choses, s'il reste deux sujets essentiels et qu'on n'arrive pas à trouver de solution, il n'y aura pas de solution. »

L'un des motifs de rejet est la clause controversée sur le mécanisme d'arbitrage des conflits entre les entreprises et les États. Le mécanisme de règlement des différends entre les États et les entreprises donneraient trop de pouvoir aux multinationales, selon les opposants à l'accord.

Toutes les instances belges doivent parvenir à s'entendre, à l'unanimité, pour que le pays puisse apposer sa signature au bas de l'accord. Le consensus belge est névralgique à la concrétisation de l'entente entre l'UE et le Canada, puisque les 28 pays européens doivent ratifier l'entente pour qu'elle soit adoptée.

L'Union européenne cultive l'espoir

L'Union européenne a décidé de maintenir le sommet sur l'accord de libre-échange en présence des parlementaires canadiens et européens, jeudi, à Bruxelles. Le sommet devait couronner les sept ans de négociations qui ont mené à l'entente entre le Canada et les 28 membres de l'Union européenne, et culminer avec la signature officielle.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a affirmé devant le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg, qu'une entente peut encore être conclue à temps pour le sommet.

« Est-ce que nous pourrons signer l'accord avec le Canada demain? On ne peut pas encore le dire. Au-delà de la date de signature, ce qui est important c'est que la Belgique trouve un accord », a-t-il ajouté. 

« Au moment même où nous parlons, le sommet de demain est encore possible », a ajouté le président du Conseil européen Donald Tusk, qui représente les 28 États membres, devant les eurodéputés à Strasbourg.

Ce dernier, qui avait donné un ultimatum à la Belgique expirant lundi soir, s'est dit « impressionné par l'engagement, la détermination qu'ils [les Belges] ont montrée ces dernières heures ». Il a également exprimé sa gratitude aux autorités canadiennes pour leur bienveillance.

L'Union européenne refuse de renoncer à l'AECG malgré l'opposition en Belgique des gouvernements régionaux de Wallonie et de Bruxelles-Capitale ainsi que de la communauté linguistique francophone. Ces trois entités empêchent la Belgique d'accepter l'entente et, par le fait même, privent les 27 autres pays de l'UE, favorables à l'accord, de le conclure. 

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