L'ancien maire de New York Michael Bloomberg a remis lundi au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, une déclaration de plus de 1000 organisations américaines qui s'engagent à respecter les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat, malgré la décision annoncée jeudi par Donald Trump.

Les signataires, dont les États de New York et de Californie, neuf gouverneurs, des centaines de villes et d'entreprises comme Apple, Google et Nike, des PME et des universités, dénoncent le retrait des États-Unis comme une « grave erreur. »

« Les Américains n'ont pas besoin de Washington pour tenir leurs engagements de Paris et les Américains ne vont pas laisser Washington les empêcher de le faire », avait déclaré le milliardaire new-yorkais vendredi à Paris, où il a rencontré le président Emmanuel Macron et la mairesse de la Ville-Lumière, Anne Hidalgo.

Le directeur exécutif du Earth Institute, spécialisé dans le changement climatique à l'université new-yorkaise de Columbia, Steven Cohen, croit que la décision de Donald Trump aura des conséquences positives aux États-Unis.

« Trump a involontairement donné un coup de fouet à la réduction des gaz à effet de serre », a-t-il estimé en ajoutant que les États-Unis pourraient même dépasser les objectifs prévus.

Les États-Unis sont le deuxième plus gros émetteur mondial de carbone derrière la Chine.

Donald Trump avait promis, pendant sa campagne électorale, de retirer les États-Unis de cet accord s'il devenait président.

Malgré les appels lancés par de nombreux chefs d'État pour qu'il revienne sur cette promesse – notamment lors du récent sommet du G7 – M. Trump a décrété jeudi dernier, que les États-Unis se retiraient de l'Accord de Paris.

Il a expliqué sa décision en disant que l'accord était « inéquitable », « nuisible aux travailleurs américains » et qu'il pourrait entraîner la suppression de plus de 2,5 millions d'emplois d'ici 2020, notamment dans les secteurs de l'automobile, du ciment, du charbon et du gaz naturel.

L'Accord de Paris, intervenu en 2015, vise à limiter le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Cet accord, non contraignant, a été qualifié d'« historique » dans la mesure où il est le premier texte portant sur les enjeux climatiques mondiaux à être adopté par autant de pays. Le protocole de Kyoto en 1998 ne s'appliquait qu'aux pays développés, tandis que l'accord, peu contraignant, de Copenhague en 2009 comprenait 26 pays industrialisés et émergents. À Paris, ce sont 195 pays qui se sont accordés sur le texte.

Depuis, les États-Unis, comme 146 autres pays, ont signé l'accord qui prévoit aussi que « les pays développés fournissent des ressources financières pour venir en aide aux pays en développement ».

Un accord « galvanisé » par le retrait américain

Le gouvernement canadien estime que la décision du président Donald Trump de retirer les États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat a galvanisé le soutien en faveur de ce texte international.

Selon la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, il y a une occasion réelle pour le Canada de travailler avec des gouverneurs d'État, des maires et des entreprises des États-Unis pour accentuer les efforts pour limiter le réchauffement de la planète.

Mme McKenna ne croit pas que la décision américaine va contribuer à la renaissance de l'industrie du charbon aux États-Unis, contrairement à ce qu'affirme Donald Trump. « Les États-Unis ne retourneront pas au charbon, car le gaz naturel coûte tellement moins cher que cela n'aurait aucun sens », affirme-t-elle

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine