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Accord de Paris : plus d'économies en santé que de dépenses en réduction des GES, selon une étude

Les économies d'argent qui seront réalisées en santé à l'échelle mondiale si les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat sont atteints, grâce à la diminution de la pollution de l'air et donc des maladies et des décès qui y sont reliés, pourraient être plus importantes que les coûts des mesures mises en place pour parvenir à ces objectifs. Ces conclusions proviennent d'une étude fondée sur une modélisation informatique publiée dans la revue The Lancet Planetary Health.

L’Accord de Paris, signé par 195 pays, vise à réduire de façon significative les émissions de gaz à effet de serre, afin de limiter la hausse de la température mondiale à 2 °C par rapport au niveau d'avant la révolution industrielle et même de tenter de rester sous la barre de 1,5 °C.

Pour les besoins de l’étude, les chercheurs ont modélisé les impacts de différentes stratégies de réduction des gaz à effet de serre, dont celle de ne rien faire du tout.

Ils estiment que si l'on continuait, entre 2020 et 2050, avec les mesures de diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) mises en place actuellement dans le monde, cela coûterait globalement 7,5 billions de dollars américains et permettrait une baisse de 5 % des décès liés à la pollution de l’air, comparativement à un scénario ne comprenant aucune mesure de mitigation.

Dans ce scénario, ce sont les États-Unis et l’Union européenne qui contribuent pour la plus grande part aux mesures de mitigation, soit respectivement 66,3 % et 28,9 % des coûts.

Mise en oeuvre de l'Accord de Paris

Trois autres scénarios ont aussi été étudiés, tous les trois visant à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris : les pays riches réduisant leurs émissions de GES en premier lieu, suivis des autres pays plus tard, selon leur capacité; tous les pays réduisant leurs émissions à proportion égale; tous les pays réduisant leurs émissions pour parvenir au même taux d’émissions par personne en 2040.

Selon les estimations des chercheurs, ces trois façons de faire, et donc la mise en œuvre de l’Accord de Paris, entre 2020 et 2050, coûteraient de 0,5 % à 1 % (22,1 billions à 41,6 billions) du PIB global de la planète pour atteindre la cible de 2 °C, et de 1 % à 1,3 % (39,7 billions à 56,1 billions) de ce PIB pour la cible de 1,5 °C.

Pour ce qui est de la diminution des décès liés à la pollution de l’air, l’étude estime qu’ils pourraient être réduits de 21 % à 27 % si la cible du 2 °C était atteinte, et de 28 à 32 % pour celle du 1,5 °C.

Les économies réalisées par la réduction de la pollution pourraient donc être de 1,4 à 2,5 fois plus importantes que les coûts des mesures prises pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, disent les chercheurs.

Ces derniers soulignent que c’est l’option de voir tous les pays réduire leurs émissions à proportion égale qui serait la plus bénéfique, selon leur modélisation, alors que les coûts des mesures prises dans ce cas pour diminuer la pollution sont estimés à 22,1 billions et que l’argent économisé en santé est évalué à 54,1 billions.

Dans les trois scénarios proposés, ce sont l’Inde et la Chine qui font les plus grandes économies en santé, en raison de leur importante population et de leur niveau élevé de pollution actuelle.

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