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Acculé au pied du mur à Mossoul, l'EI multiplie les envois de kamikazes

Alors que la bataille pour Mossoul en arrivait à sa dernière étape, lundi, des militants du groupe armé État islamique (EI) ont utilisé des femmes kamikazes dissimulées parmi les civils en fuite, tandis que les forces irakiennes et la coalition dirigée par les États-Unis y sont allées de frappes aériennes et de tirs d'artillerie qui ont enflammé des dizaines d'édifices.

Au moins un soldat irakien a été tué et cinq autres ont été blessés dans deux attentats suicides distincts, selon l'armée.

Dimanche, un kamikaze portant des vêtements féminins avait tué 14 personnes dans un camp de déplacés d'Anbar, selon un représentant de la province.

Le sergent Ahmed Fadil, qui patrouillait dans la vieille ville de Mossoul à 50 mètres de la ligne de front, ne s'est pas montré surpris des tactiques utilisées par ses ennemis. Selon lui, les militants « n'ont nulle part où aller. Ils sont pris au piège ».

Lundi, deux attentats suicides contre des soldats irakiens se sont ajoutés à trois autres perpétrés par des femmes – certaines adolescentes – au cours des deux derniers jours, ajoute le sergent Ali Abdullah Hussein.

Un soldat a montré la carte d'identité scolaire prélevée sur le corps d'une kamikaze, indiquant qu'elle n'avait que 15 ans. La photo montre une jeune femme sérieuse portant un hijab blanc et indique qu'elle a étudié au Bangladesh.

« La majorité des personnes qui se sont fait exploser aujourd'hui étaient des femmes », révèle le lieutenant-colonel des forces spéciales Salam Hussein. Il ajoute que sept femmes portant des explosifs ont approché les troupes lundi, « mais Dieu merci, nos unités les ont arrêtées ».

Les soldats du gouvernement qui avançaient dans la vieille ville ont utilisé des tactiques plus dures pour éliminer les forces de l'EI. Le rythme des frappes aériennes était si rapide, lundi, que les avions de la coalition ne pouvaient répondre aux demandes d'appuis aériens de la part des troupes irakiennes au sol, qui ont donc demandé l'approbation d'effectuer des tirs d'artillerie.

Bien que les commerces ont rouvert et que la circulation a repris dans les quartiers récupérés, une épaisse fumée noire continuait de monter à quelques kilomètres du territoire toujours détenu par l'EI sur la rive du Tigris, qui divise la deuxième plus grande ville d'Irak. Le secteur contrôlé par les militants a une surface de moins d'un kilomètre carré.

Mais même si les militants sont repoussés dans un territoire de plus en plus petit, les dangers demeurent bien réels pour les unités militaires comme celle d'Ahmed Fadil.

Lorsqu'ils ont entendu les pleurs de civils à un coin de rue, ses collègues et lui ont caché leur commandant dans une maison jugée sécuritaire, située tout près. Ils ont ensuite crié au groupe de femmes et d'enfants en pleurs de s'éloigner rapidement.

« Elles pleurent et puis – boum! Elles se font exploser, explique-t-il. Plus nous nous approchons de la victoire, plus ils nous enverront de kamikazes. »

 

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