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Accusations de crime haineux contre quatre Noirs ayant battu un handicapé blanc

Les quatre Noirs qui ont séquestré et violenté un jeune homme blanc souffrant d'un handicap mental ont été accusés de « crime haineux » par les procureurs de la ville de Chicago.

La scène avait été prise en vidéo et diffusée le 3 janvier sur Facebook en utilisant la nouvelle fonctionnalité du réseau qui permet de capter des vidéos en direct. Elle a ensuite été partagée sur Twitter et sur YouTube, devant virale et suscitant un tollé à l'échelle de la planète. Les nombreux commentaires qui ont suivi alimentent les tensions raciales déjà présentes aux États-Unis.

Trois des suspects sont âgés de 18 ans et un quatrième de 25 ans. Ils ont été identifiés par la police de Chicago comme étant Jordan Hill, Tesfaye Cooper, Brittany Covington et Tanishia Covington. L'un d'eux aurait connu la victime à l'école.

Dans l’enregistrement, qui dure une trentaine de minutes, on peut apercevoir les quatre jeunes s’en prendre à l’homme blanc en le rouant de coups et en l’invectivant. À un certain moment, les jeunes entreprennent de lui raser la tête. À diverses reprises dans la vidéo, on peut entendre les assaillants déclarer « Fuck Trump, fuck white people ».

Permettez-moi d'être clair : les actions commises dans cette vidéo sont répréhensibles. Ce genre de comportement ainsi que le racisme, n'ont pas leur place dans la ville de Chicago ou n'importe où ailleurs et ce, contre n'importe qui.

Eddie Johnson, surintendant de la police de Chicago

Les agresseurs font l'objet de plusieurs chefs d'accusation, parmi lesquels enlèvement, coups et blessures et crime haineux.

Selon la police, la victime été enlevée dans une banlieue de Chicago et conduite dans un quartier du sud-ouest de la ville où elle a été séquestrée entre 24 et 48 heures.

La victime, dont l'identité n'a pas été révélée, a quitté l'hôpital. En plus d'avoir été battu, le jeune handicapé avait été ligoté et bâillonné. Il a eu de la difficulté à fournir des renseignements aux policiers en raison d'un traumastisme, ont indiqué les autorités.

Un crime à caractère raciste?

Le contenu de la vidéo a rapidement été récupéré par Blue Lives Matter, une organisation médiatique née en réponse à Black Lives Matter (BLM), un mouvement créé, lui, dans la foulée des bavures policières hautement médiatisées impliquant des membres de la communauté afro-américaine décédés aux mains de policiers – souvent blancs – au cours des deux dernières années.

Blue Lives Matter, fondé par des policiers à la retraite, a, sur papier, pour mission de sensibiliser le public au travail des forces de l’ordre et de promouvoir le renforcement de la sécurité. Or, au cours des derniers mois, l’organisation est souvent montée aux barricades pour dénoncer « les mensonges » de BLM et des médias qui ont, selon elle, aidé à propager un discours « antipolice ».

Blue Lives Matter semble considérer l’attaque comme un crime haineux aux motivations racistes. Sur son site web, l’organisation va jusqu’à montrer du doigt les actions du mouvement BLM. « Nous espérons que ces sauvages seront traduits en justice. Cette violence et cette haine anti-Blancs de Black Lives Matter doivent cesser. Nos pensées et nos prières sont avec la victime », écrit-on.

Plus tôt cette semaine, l’ancien chef de police de Chicago Garry McCarthy affirmait que Black Lives Matter était responsable de la récente flambée de violence aux États-Unis.

En entrevue sur une chaîne de radio américaine, M. McCarthy a déclaré que les manifestations contre la brutalité policière dans des villes comme Baltimore, Ferguson et Charlotte avaient contribué à « nourrir un sentiment antipolice » et à attiser les conflits interraciaux.

Sur Twitter, l’affaire a donné naissance au mot-clic #blmKidnapping. Plusieurs internautes accusent Black Lives Matter de faire l’apologie du racisme envers les Blancs, alors que d’autres comparent le mouvement au Ku Klux Klan.

L'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich a tenu à dénoncer une prétendue attitude de deux poids deux mesures à l'égard de la victime. « Si cela avait été fait à un Afro-Américain par quatre Blancs, tous les libéraux du pays seraient révoltés et il n’y aurait pas de doute qu’il s’agit d’un crime haineux. Nous sommes au bord d’une période terrible […] où de profondes divisions parmi les communautés rendront l’Amérique très difficile à gouverner », a-t-il soutenu.

Dmitri Roberts, un ancien chef de police de Chicago, a pour sa part cherché à calmer le jeu.

« C’est de la haine. Et la haine n’a pas de couleur. Que les gens cherchent à rattacher cette histoire au mouvement BLM est absolument la mauvaise façon d’aborder le cas », a-t-il déclaré en entrevue à CNN.

« Nous ne pouvons pas répondre à la haine avec plus de haine. Cela ne fait que perpétuer le cycle », a-t-il ajouté.

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