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Affaire Skripal : Moscou affirme que les résultats de l'enquête ont été trafiqués

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a trafiqué les résultats de son enquête sur l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal pour accuser la Russie, a affirmé samedi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

M. Lavrov se base sur les résultats d’une analyse menée par le laboratoire suisse Spiez. Spécialisé dans les menaces chimiques, ce laboratoire a prélevé des échantillons à Salisbury, où a eu lieu l’attaque contre Serguei Skripal et sa fille Ioulia, et a envoyé ses résultats à l’OIAC.

Le ministre Lavrov a précisé que la Russie avait reçu ces informations de manière confidentielle.

« Le BZ n'est pas mentionné dans le rapport de l'OIAC, a-t-il ajouté. Nous nous demandons pourquoi cette information, qui reflète les conclusions des spécialistes du laboratoire Spiez, a été omise dans ce document. »

La Russie entend réclamer des comptes au sujet de cette omission dans le rapport de l’OIAC, qui avait annoncé jeudi que les analyses en laboratoire « confirmaient les découvertes du Royaume-Uni » quant à l’utilisation de Novitchok.

L’organisation n’a toutefois pas pointé de responsable dans cette affaire, où Londres accuse Moscou, qui clame son innocence.

Une concentration de neurotoxique suspecte

Le chef de la diplomatie russe a précisé que « les échantillons ont également révélé la présence dans sa forme originale et en concentration importante de l'agent neurotoxique A234 », un agent innervant de la famille Novitchok.

Cette conclusion est « extrêmement suspecte », estime M. Lavrov. Moscou croit qu’une dose de A234 aussi forte que celle trouvée sur les lieux de l’attaque aurait assurément tué les Skripal.

Aussi, cet agent est très volatile. Toujours selon Moscou, il est suspicieux qu’il ait été découvert sur place en aussi grande quantité alors que la collecte des échantillons a été effectuée plus de deux semaines après les attaques.

L'empoisonnement de l'ex-agent double russe et de sa fille a provoqué une grave crise diplomatique entre la Russie et l’Occident. Les tensions se sont traduites par la plus grande vague d'expulsions croisées de diplomates de l'histoire. Au total, quelque 300 diplomates sont touchés.

Ioulia Skripal a reçu son congé de l'hôpital, mais son père demeure hospitalisé. L’attaque est survenue à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, le 4 mars dernier.

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