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Afrique du Sud : le parti de Jacob Zuma lui cherche un successeur

Après cinq jours de congrès, c'est dimanche que les milliers de délégués du Congrès national africain (ANC) se choisiront un nouveau chef à la place du très contesté président Jacob Zuma.

Le parti de Nelson Mandela a entamé il y a plusieurs mois la campagne pour remplacer son chef actuel, une course très serrée qui a déchiré le parti au pouvoir en Afrique du Sud.

En résumé, il s’agit d’un duel entre l’ex-épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini Zuma, et l’actuel vice-président, Cyril Ramaphosa, porte-étendard des frondeurs exaspérés par les scandales entourant Zuma.

C’est aussi un duel entre deux visions économiques : l’une, portée par Mme Dlamini Zuma, en continuité avec le travail de son ex-mari qui souhaite corriger les injustices de l’apartheid par une « transformation radicale de l’économie » guidée par l’État au profit de la majorité noire, et l’autre, une vision sociale-démocrate favorable à l’économie de marché et au capitalisme mondialisé.

Le vainqueur devrait être en bonne position pour remporter l’élection nationale de 2019, bien que l’ANC, qui domine la vie politique sud-africaine depuis la chute de l’apartheid et l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela en 1994, est en perte de vitesse.

« [Le revers électoral de l'ANC en 2016] nous rappelle que notre peuple n'est pas content de l'état de l'ANC, a déclaré M. Zuma lors de son dernier discours de chef du parti. Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement. »

Le parti est affaibli par une crise économique caractérisée par un taux de chômage record de plus de 27 %, et ce, en plus des nombreuses accusations de corruption visant Jacob Zuma.

Le chef de l’État a aussi concédé que les Sud-Africains n’étaient pas « satisfaits » des résultats de son parti au pouvoir depuis plus de vingt ans, notamment « en termes de corruption, de criminalité et d’emploi ».Avec le début du vote des quelque 5200 délégués samedi, les rumeurs de corruption s’ajoutent aux tensions entre les camps. « C'est un secret de polichinelle, que les votes peuvent être achetés », a expliqué Amanda Gows, professeure de sciences politiques à l'Université de Stellenbosch, en Afrique du Sud.

Selon de nombreux experts, il y a un risque réel d’éclatement du parti, malgré les appels à l’unité lancés par les deux camps.

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