Retour

Aide humanitaire : le Canada moins généreux sous Trudeau que sous Harper

Au lendemain de son élection, Justin Trudeau affirmait que « le Canada était de retour » sur la scène mondiale. Mais depuis, pas un cent nouveau n'a été investi ou alloué à l'aide internationale, qui, de fait, a encore diminué en 2016.

Un texte de Sophie Langlois

Selon l’évaluation annuelle réalisée depuis 1961 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’aide publique au développement des 29 pays les plus riches a atteint l’an dernier 143 milliards de dollars, une hausse de 8,9 % par rapport à 2015.

Le Canada ne suit pas la tendance mondiale, il est l'un des sept pays à avoir baissé son aide publique au développement. Le budget de l’aide canadienne a baissé de 4,4 % en 2016. Si l’on soustrait les montants dépensés pour l’accueil des réfugiés au Canada, la baisse de l’aide internationale est de 9,3 %.

« Nous sommes très, très, très déçus et très frustrés », dit le directeur des programmes internationaux à Développement et Paix, Gillio Brunelli.

La déception est d’autant plus grande que les libéraux avaient suscité beaucoup d’espoir chez les ONG canadiennes, dont le financement fédéral avait été substantiellement réduit sous les conservateurs.

« Un premier ministre libéral, Lester B. Pearson, a dirigé la commission de l’ONU qui a recommandé que 0,7 % du revenu national brut soit consacré à l’aide publique au développement, et un gouvernement libéral dirigé par Justin Trudeau tendra vers ce même objectif », avait écrit le Parti libéral du Canada aux ONG québécoises le 9 octobre 2015.

« Justin Trudeau ne tend pas vers cet objectif, il s’en éloigne », affirme Michèle Asselin, directrice générale de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale.

La générosité des pays en aide internationale se mesure à l’étalon du pourcentage du budget de l’aide au développement par rapport au produit national brut (PNB). L’ONU demande aux pays riches une proportion de 0,7 % du PNB. Le Canada est très loin de cette cible.

Cette proportion est un bas historique, depuis 50 ans de coopération canadienne. « M. Harper avait investi plus dans l’aide internationale que M. Trudeau, affirme Fraser Reilly-King, analyste principal des politiques au Conseil canadien pour la coopération internationale.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine