Retour

Alpha Toshineza sera, sans complexe, le représentant de l'Ouest canadien à Granby

L'artiste hip-hop franco-manitobain, Alpha Toshineza, ne connaît pas le syndrome de l'imposteur. Plus que jamais, il se « voit comme un artiste d'ici ». Le rappeur originaire du Luxembourg sera le représentant de l'Ouest canadien au Festival international de la chanson de Granby du 15 au 22 août.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

Il a obtenu sa place au Festival, car il était le premier sur la liste des remplaçants et un artiste s'est désisté.

« Pour moi, c’est un honneur, une joie et une bonne surprise de pouvoir représenter le Manitoba », s’exclame le rappeur qui ne tarit pas d’éloges pour sa province et sa culture d’adoption.

Il suivra les trace du rappeur Kasperzick, qui avait representé le Manitoba au même festival en 2015.

Bien qu’il soit originaire du Luxembourg, Alpha Toshineza ne connaît pas le syndrome de l’imposteur et s’identifie « comme un artiste franco-manitobain bien plus qu’un artiste luxembourgeois. »

« J’aurais eu le syndrome de l’imposteur si j’étais venu sans vouloir m’ancrer dans la culture », soutient-il.

Bien qu’un retour en Europe ou un déménagement vers Montréal auraient pu être tentants, Alpha Toshineza n’a jamais eu de doute ; il veut être un « ambassadeur » de la musique francophone du Manitoba.

« Si le Manitoba ne m’avait pas permis de faire de la musique en français, j’aurais réfléchi à deux fois, affirme le prochain participant au prestigieux concours musical. Je suis en train de mettre les bases pour les générations qui viendront après moi. »

Maintenant bien installé à Winnipeg depuis 4 ans, Alpha Toshineza, tente de laisser sa marque dans une culture où le rap anglophone est roi et maître.

La popularité du hip-hop ne fait plus de doute. En 2017, la plateforme de musique en ligne Spotify affirmait que 25 % de la musique écoutée par ses utilisateurs dans le monde était du R&B ou du hip-hop.

Le défi est donc grand pour un rappeur francophone dans une province majoritairement anglophone.

« Oui, le rap en français est minoritaire, mais c’est aussi ce qui me permet de me démarquer des autres artistes », souligne l’artiste bien conscient que la langue dans laquelle il se produit le place en marge des autres.

Lors de son passage au Festival international de la chanson de Granby, Alpha Toshineza sera difficile à ignorer. « Le rap gagne en popularité. Ça fait partie de l’actualité. Les gens qui sont dans les jurys ou qui organisent ce genre d’évènement doivent être conscients que le rap est bel et bien présent même en langue française. »

Plus d'articles