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Amnistie internationale condamne « la politique meurtrière » du président philippin Rodrigo Duterte

La police des Philippines pourrait s'être rendue coupable de crimes contre l'humanité, dans le cadre de la politique antidrogue du gouvernement de Rodrigo Duterte, selon Amnistie internationale. Des milliers de trafiquants et de toxicomanes présumés ont été victimes d'exécutions extrajudiciaires, affirme l'organisation.

« Notre enquête montre que cette vague de meurtres extrajudiciaires a été généralisée, délibérée et systématique, ce qui correspond peut-être à des crimes contre l'humanité », a déclaré Rawya Rageh, conseillère d'Amnistie internationale.

Dans un rapport récent intitulé « Si vous êtes pauvre, vous êtes tué : exécutions extrajudiciaires aux Philippines », Amnistie internationale dénonce les opérations de lutte contre la drogue de la police philippine. Des opérations que le président Duterte vient de suspendre, tout en se disant déterminé à poursuivre « sa guerre contre la drogue ».

Ces déclarations contradictoires ne laissent que peu d'espoir de voir la vague d'exécutions extrajudiciaires, qui a coûté la vie à plus de 1000 personnes par mois, prendre fin.

Tirana Hassan, directrice de la réaction aux crises au sein d'Amnistie internationale

Les mesures destinées à éradiquer le trafic de la drogue sont en vigueur depuis sept mois dans ce pays, soit depuis l'accession au pouvoir de Rodrigo Duterte.

Des exécutions sommaires

Amnistie internationale soutient que son enquête a démontré que la police philippine, ou des tueurs à gages embauchés par elle, prennent pour cible des personnes pauvres et sans défense et les abattent sans autre forme de procès.

L'organisme allègue que plus de 7000 personnes ont été tuées sous couvert de lutte contre le trafic de drogue et que la police est « directement responsable d'au moins 2500 homicides de trafiquants présumés ».

L'enquête de l'organisation a porté spécifiquement sur 33 incidents en lien avec le trafic de drogue dans 20 villes et villages philippins et dans lesquels 59 personnes ont perdu la vie. Mais, dans le portrait plus large qu'elle trace de la situation, Amnistie internationale avance que la police est corrompue, qu'elle fabrique des preuves et qu'elle aurait même instauré un système de pots-de-vin impliquant des institutions de pompes funèbres qui profiteraient de cette « politique meurtrière ».

Le président Duterte a pour sa part nié à répétition toutes exactions.

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