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Ankara poursuit sa purge et libère des places en prison

Aux prises avec des prisons qui débordent plus que jamais en raison de la purge menée contre les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, le gouvernement turc s'apprête à libérer de façon hâtive 38 000 détenus.

C'est ce qu'a annoncé mercredi le ministre de la Justice Bekir Bozdag dans une série de tweets publiés dans la foulée d'un décret réformant le régime de liberté conditionnelle. Des prisonniers pourront ainsi être libérés après avoir purgé la moitié de leur peine, plutôt que les deux tiers.

Le ministre n'a pas dit explicitement pourquoi cette mesure était adoptée, alors que le pays est toujours en état d'urgence, mais a tenu à préciser qu'elle « concerne les crimes commis avant le 1er juillet 2016 », et donc antérieurs au putsch raté du 15 juillet.

Les prisonniers purgeant des peines pour terrorisme, meurtre ou d'autres crimes violents ou de nature sexuelle ne pourront bénéficier de cette mesure, « qui n'est pas une amnistie », a précisé le ministre Bozdag.

L'agence progouvernementale Anadolu affirme que les libérations doivent commencer mercredi. Selon elle, 213 499 personnes sont actuellement détenues dans des prisons turques, alors que leur capacité maximale est de 187 351.

La libération de ces 38 000 prisonniers est une « première étape », a encore dit le ministre Bozdag, laissant entendre du coup que d'autres libérations conditionnelles pourraient avoir lieu prochainement.

La piste Gülen

Depuis le coup d'État avorté, plus de 35 000 personnes - juges, policiers, professeurs, journalistes, etc. - ont été incarcérées en Turquie. Seul un tiers d'entre eux a été libéré. Quelque 75 000 personnes ont aussi perdu leur travail.

Cette purge implacable menée par le gouvernement contre les partisans allégués de Fethullah Gülen, exilé en Pennsylvanie depuis 1999, se poursuit toujours. Le gouvernement tient ses partisans pour responsables du putsch avorté, qui s'est soldé par 240 morts.

Dans d'autres décrets publiés mercredi, le gouvernement a démis de leurs fonctions 2300 policiers, une centaine de militaires, et près de 200 employés de l'autorité nationale des technologies de l'information.

Il s'est aussi arrogé le pouvoir de rappeler au travail d'anciens pilotes de l'armée de l'air, afin de pourvoir des postes devenus vacants en raison de nombreux congédiements.

Le gouvernement a aussi adopté un décret lui permettant de nommer n'importe quel général ou amiral de son choix à la tête de l'état-major. Jusqu'ici, le chef des forces turques devait obligatoirement être choisi parmi les chefs de ses composantes terrestre, aérienne ou navale.

La purge tous azimuts menée en Turquie mine les relations que le pays entretient avec ses alliés occidentaux, notamment les États-Unis et l'Allemagne. Elle contribue aussi à menacer l'accord conclu avec l'Union européenne sur les réfugiés syriens.

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