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Après d'autres raids, premier test pour une trêve en Syrie

Des bastions détenus par les rebelles syriens ont été la cible d'intenses frappes aériennes, vendredi, avant l'entrée en vigueur annoncée de l'accord sur la cessation des hostilités convenu plus tôt cette semaine par Washington et Moscou.

Le régime syrien, les milices kurdes et les combattants rebelles regroupés au sein du Haut Comité de négociations ont tous déclaré qu'ils déposeraient leurs armes à minuit, heure locale (17 h, HNE). Reste à voir si ce cessez-le-feu sera respecté.

Le groupe armé État islamique (EI) et le Front Al-Nosra, affilié à Al-Qaïda, ne sont pas concernés par cet accord. Moscou et Damas ont prévenu qu'ils continueront de frapper leurs combattants, ainsi que « d'autres groupes terroristes ».

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les frappes russes étaient « plus intenses que d'habitude » dans l'est de Damas, le nord de la province de Homs et dans l'ouest de la province d'Alep.

Parallèlement aux bombardements de son allié russe, l'armée syrienne a frappé « violemment » Douma, principale ville de la Ghouta orientale, à l'est de Damas, « avec des obus et des roquettes ».

L'OSDH rapportait aussi des tirs d'artillerie et des frappes aériennes au cours de la nuit dans la province de Hama, et des combats qui ont repris au lever du jour dans la province de Lattaquié, ou le régime tente de reprendre le maximum de territoires près de la frontière avec la Turquie.

Des raids ont également eu lieu dans des endroits où le Front Al-Nosra exerce une certaine influence, comme Jobar, quartier périphérique dans l'est de Damas, Daret Ezza, dans l'ouest d'Alep, ou Talbissé, dans la province de Homs.

Cette situation illustre l'un des obstacles qui menacent l'éventuelle « cessation des hostilités » : passé minuit, le régime et ses alliés pourront continuer de s'attaquer au Front Al-Nosra, alors que celui-ci est allié par endroits à des groupes rebelles qui sont tenus, eux, de respecter l'entente.

Le Front Al-Nosra a d'ailleurs dénoncé la trêve et appelé tous les rebelles syriens à intensifier leurs attaques contre les forces du président Bachar Al-Assad et leurs alliés chiites libanais et iraniens.

La Syrie, qui abritait environ 17 millions de personnes, est un pays exsangue après cinq ans de conflit. Plus de 270 000 Syriens ont été tués, et environ 13,2 millions de ses citoyens ont été contraints de quitter leur foyer.

Selon l'ONU, 7,6 millions de Syriens sont déplacés à l'intérieur des frontières, 4,6 millions ont trouvé refuge en Turquie, au Liban et en Jordanie, et 1 million ont pris la route de l'Europe, créant du coup la plus grande crise migratoire dans le Vieux-Continent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

L'ONU considère en outre que 480 000 Syriens sont affamés dans des villes qui sont assiégées par l'un ou l'autre des belligérants.

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