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Après l'attentat de Berlin, l'Allemagne resserre ses lois en matière de sécurité

L'Allemagne entend corriger les lacunes du pays en matière de sécurité afin que le « cas Amri ne se reproduise pas », a déclaré le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas.

À la suite de l’attentat du 19 décembre dernier, à Berlin, où un camion avait foncé sur un marché de Noël, la coalition gouvernementale d’Angela Merkel a annoncé de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité au pays.

« Nous voulons élever le niveau de sécurité et envoyer un signal fort à nos concitoyens », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

Les personnes jugées dangereuses, en particulier celles sorties de prison après une condamnation en lien avec le terrorisme, devront désormais porter des bracelets électroniques.

Le gouvernement pourra placer en rétention plus facilement et systématiquement les étrangers classés comme une menace pour la sécurité du pays, ou dont la demande d’asile a été rejetée.

Dans le cas des demandeurs d’asile déboutés, le placement en rétention sera possible si leur pays d’origine n’autorise pas leur retour dans un délai de trois mois.

Serrer la vis aux pays réfractaires

Berlin compte par ailleurs faire pression sur les pays qui refusent de reprendre les candidats dont les demandes d’asile ont été rejetées. Une réduction, voire le retrait, de l’aide au développement et de l’aide économique seraient alors considérés.

Il faudra exercer la pression nécessaire sur ceux qui ne coopèrent pas suffisamment.

Heiko Maas, ministre allemand de la Justice

Cette dernière mesure ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la coalition gouvernementale. Le ministre chargé de l'aide au développement, Gerd Müller, issu de l’aile droite, redoute qu’une telle décision n’entraîne l’effondrement des économies du pays du Maghreb.

L’Algérie, le Maroc et la Tunisie pourraient d’ailleurs être classés comme des pays « sûrs » par Berlin, compliquant ainsi les demandes d’asile pour leurs ressortissants.

Le cas d'Anis Amri

L’utilisation de multiples identités pour s’enregistrer auprès de l’administration allemande sera désormais sanctionnée, notamment par une obligation de résidence dans un territoire restreint.

Le jeune Tunisien de 24 ans présumé coupable de l’attentat de Berlin, Anis Amri, avait utilisé 14 identités différentes depuis l’été 2015, pour percevoir différentes allocations sociales et éviter d’être retrouvé par le renseignement intérieur.

La demande d’Amri avait été rejetée en juin 2015, mais les autorités allemandes n’avaient pu l’expulser du pays, Tunis ayant longtemps contesté sa nationalité tunisienne.

548 islamistes vivant ou ayant vécu en Allemagne représentent présentement une menace pour la sécurité publique, selon les autorités allemandes.

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