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Arrivée à Ouagadougou, l'armée burkinabée lance un ultimatum aux putschistes

Des soldats loyaux au gouvernement de transition du Burkina Faso, entrés dans la nuit de lundi à mardi dans la capitale Ouagadougou pour y désarmer les putschistes, leur ont lancé un ultimatum : déposer les armes d'ici 10 h (UTC) sous peine d'être attaqués.

Le chef de la junte putschiste, le général Gilbert Diendéré, qui a accepté de libérer le premier ministre de transition Yacouba Isaac Zida « en signe d'apaisement », a opposé une fin de non-recevoir à cette demande de reddition.

« On continue les discussions pour les (les soldats du gouvernement de transition) faire partir », a déclaré le général. Les centaines de militaires qui ont convergé sur Ouagadougou « ont été négativement influencés par certaines personnes. Ils ont été mal informés », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué diffusé lundi, les chefs militaires ont demandé aux 1200 soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite de l'ancien président Blaise Compaoré, destitué l'an dernier, de déposer les armes. Le communiqué promet aux auteurs du coup d'État du 17 septembre que leur sécurité et celle de leurs familles seront assurées.

Selon des témoins, les soldats loyalistes ont été vus quittant leurs casernes provinciales dans l'après-midi avec chars et camions, sous les applaudissements d'une foule en liesse. Dans la capitale, l'AFP a constaté que les rues se sont brusquement vidées à l'annonce de l'arrivée des troupes. Selon une source militaire citée par Reuters, les premiers militaires sont entrés dans la nuit, dans la capitale, sans rencontrer de résistance de la part du régiment de sécurité présidentielle.

Dans une annonce à la presse, le général Diendéré a dit craindre que la situation actuelle ne conduise « au chaos, à la guerre civile et à des violations massives des droits de l'homme » dans le pays. Il a promis de rendre le pouvoir au gouvernement de transition dès qu'un accord définitif sera trouvé.

Le président renversé Michel Kafando a déclaré sur les ondes de RFI qu'il était « très réservé sur le projet d'accord » qui laisse sans solution des « problèmes de fond ». Il a trouvé refuge dans la résidence de l'ambassadeur de France, à Ouagadougou.

Une rencontre extraordinaire à Abuja

Le projet d'accord négocié grâce à la médiation de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été annoncé dimanche soir. Il prévoit notamment une amnistie pour les putschistes et la possibilité pour les anciens partisans de Blaise Compaoré, destitué l'an dernier, de se présenter aux prochaines élections.

Il doit être évalué mardi lors d'une rencontre extraordinaire de la CEDEAO à Abuja.

Des manifestants hostiles au général Diendéré et au projet d'accord ont dressé des barricades et ont brûlé des pneus dans plusieurs quartiers de Ouagadougou, lundi. Des manifestations ont également eu lieu dans d'autres villes du pays.

Le président français François Hollande a appelé les auteurs du coup d'État à déposer les armes et a menacé de sanctions ceux qui s'opposeraient à la tenue d'élections régulières à l'issue du processus de médiation.

Les présidents du Tchad et du Niger ont également demandé aux hommes du RSP de déposer les armes.

Les violences associées au coup d'État ont fait au moins 10 morts et 113 blessés, selon un dernier bilan dressé samedi.

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