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Assad en voie de reprendre le contrôle de « la Syrie utile »

Appuyées par l'aviation russe, les forces du régime de Bachar Al-Assad et les milices qui lui prêtent main forte, notamment le Hezbollah libanais, sont en voie de réussir à isoler totalement les quartiers d'Alep occupés par les rebelles.

En trois jours de combats, elles ont réussi à couper la principale route d'approvisionnement des rebelles reliant l'ancienne capitale économique syrienne à la Turquie.

Il s'agit de la plus importante victoire des forces pro-gouvernementales depuis l'entrée en scène de l'aviation russe, en septembre dernier, et d'un revirement significatif depuis le début des combats à Alep en 2012.

Selon les experts de l'Atlantic Council, Faysal Itani et Hossam Abouzahr, cette percée est un « coup dur » pour les rebelles et démontre l'impact décisif de l'intervention russe sur le cours de la guerre civile syrienne.

Un expert de l'Institut de relations internationales et stratégiques, Karim Bitar, ajoute que la vaste offensive lancée lundi « pourrait être la phase finale d'un plan qui a commencé avec l'intervention russe ».

« Le contrôle de Bachar Al-Assad sur "la Syrie utile" n'est plus menacé », poursuit-il.

Suspension des pourparlers

L'offensive militaire russo-syrienne coïncide avec l'échec des pourparlers de paix sur la Syrie qui se déroulaient à Genève depuis le 29 janvier.

Devant le fossé séparant les parties à Genève et la poursuite des combats sur le terrain, le sommet diplomatique a été suspendu par l'ONU jusqu'au 25 février prochain.

Refusant de parler d'échec, l'ONU a renvoyé les grandes puissances à leurs obligations.

Depuis Londres, le secrétaire d'État américain John Kerry a réclamé une nouvelle fois l'arrêt des bombardements russes en Syrie, accusant implicitement Moscou d'avoir fait dérailler les pourparlers de paix de Genève.

Le siège d'Alep presque total

L'offensive contre Alep a jeté près de 40 000 civils sur les routes de l'exil, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Quant aux rebelles d'Alep, ils risquent d'être pris au piège.

« À moins qu'ils ne reçoivent une aide urgente des pays du Golfe et de la Turquie, cela pourrait marquer le début de la fin pour eux », a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, à l'AFP.

« Avec la perte de cet axe, la seule route d'approvisionnement qui reste est longue et compliquée et sera la prochaine cible » du régime, a-t-il ajouté, en référence à la route dite du Castello, au nord-ouest de la ville. « Si les rebelles la perdent, le siège sera total », a précisé M. Abdel Rahmane.

Les forces gouvernementales ont libéré les municipalités de Nebbol et Zahra, qui étaient assiégés depuis 2012, libérant ainsi 5000 miliciens chiites qui se joindront maintenant à l'armée syrienne.

Près de 100 rebelles et 64 combattants du régime ont été tués depuis le début de la vaste offensive de lundi, selon l'OSDH. Les insurgés, dont des islamistes et des combattants du Front Al-Nosra [la branche d'Al-Qaïda en Syrie] « souffrent d'un manque d'armes et de munitions ».

Plus de 200 000 Syriens ont perdu la vie depuis le début de la guerre civile en 2012 qui a aussi fait des millions de déplacés.

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