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Assange espère « laver son honneur » en répondant enfin aux questions de la justice

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est interrogé par un procureur équatorien, en présence de la procureure générale de Suède, à l'ambassade de l'Équateur à Londres, pour un viol qu'il aurait commis en 2010 en Suède.

La Suédoise Ingrid Isgren est arrivée à l'ambassade équatorienne un peu avant 10 h, selon un photographe de l'AFP. La Suède, pays où M. Assange est accusé de viol, et l'Équateur, territoire où il est réfugié, ont négocié pendant des mois afin de trouver un terrain d'entente pour le déroulement de cet interrogatoire.

L'Équateur a imposé son procureur pour mener l'interrogatoire, même si les questions sont suggérées par les enquêteurs suédois. L'interrogatoire « devrait durer plusieurs jours », selon l'avocat suédois de M. Assange, qui espère y assister, du moins en partie.

Accusé de viol en 2010, l'Australien de 45 ans donnera ainsi sa version des faits pour la première fois.

Bien que la justice suédoise l'accuse d'avoir systématiquement ignoré ses convocations, l'avocat d'Assange, Per Samuelson, soutient que son client « a toujours voulu donner sa version des faits directement aux enquêteurs ».

« Nous demandons cette audition depuis 2010 », explique M. Samuelson. « Il veut une chance de laver son honneur [...] et espère que l'enquête préliminaire sera abandonnée » après l'interrogatoire.

Une transcription de l'interrogatoire sera remise à la justice suédoise, qui décider de la suite à donner à l'enquête.

Un prélèvement d'ADN pourrait également être effectué sur M. Assange, s'il y consent, à des fins de comparaison.

Accusations, mandat d'arrêt et demande d'asile

La procureure suédoise chargée du dossier, Marianne Ny, s'est réjouie que « l'enquête préliminaire puisse se poursuivre grâce à l'audition du suspect ».

Dénonçant l'insuffisance de garanties sur « sa protection et sa défense », selon l'Équateur, M. Assange avait fait reporter une première audition qui devait avoir lieu à la mi-octobre.

Julian Assange est visé par un mandat d'arrêt européen à la suite des accusations de viol lancées contre lui par une Suédoise, qui était âgée de 27 ans au moment des faits, en 2010. La Suède l'a autorisé à quitter son territoire à l'été 2012 avant de se raviser et de demander à la justice britannique de l'arrêter.

L'Australien a demandé l'asile à l'ambassade de l'Équateur à Londres, en juin 2012, après avoir épuisé tous les recours possibles pour éviter l'extradition vers Stockholm. Il n'a pas quitté le petit appartement de l'ambassade de l'Équateur depuis, effectuant seulement quelques apparitions publiques au balcon de l'édifice.

Julian Assange a une nouvelle fois été débouté par la justice suédoise en septembre dernier. La justice suédoise a confirmé, pour une huitième fois en six ans, le mandat d'arrêt européen dirigé contre lui. La justice a rejeté une suspension du mandat qui lui aurait permis d'assister à l'enterrement d'un ami.

Assange continue de clamer son innocence en prétendant qu'il s'agit d'une manœuvre pour le faire extrader vers les États-Unis, qui souhaitent le juger pour la diffusion de plus de 250 000 documents secrets de la diplomatie américaine.

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