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Assassin au nom de Duterte : un policier se confesse

Aux Philippines, un policier à la retraite affirme que le président Rodrigo Duterte, lorsqu'il était maire de la ville de Davao, lui a ordonné de tuer des adversaires et des criminels.

Le policier dit avoir été membre d'une « brigade de tueurs » et affirme avoir été payé pour éliminer des personnes, y compris un suspect, les membres de sa famille et un commentateur radio.

Les avocats des droits de la personne qui ont présenté Arthur Lascanas lors d'une conférence de presse lundi ont dit que ces allégations, si elles sont prouvées, pourraient provoquer la destitution de Rodrigo Duterte, puisqu'elles ne seraient pas couvertes par son immunité présidentielle.

L'an dernier, le policier Arthur Lascanas avait nié, lors d'une audience devant le Sénat, avoir été impliqué dans des exécutions extrajudiciaires.

Lundi, il a affirmé qu'il avait des morts sur la conscience - y compris celles de ses deux frères, dont il aurait ordonné l'exécution puisqu'ils étaient des toxicomanes - et qu'il a donc décidé de se confier.

Qu'on les enterre ou qu'on les jette à la mer, on était toujours payés par le maire Rody Duterte.

Le policier Arthur Lascanas

M. Lascanas a expliqué que M. Duterte a ordonné, en 1993, des attaques contre des mosquées après que des rebelles eurent attaqué une cathédrale catholique.

Il a ajouté que ses hommes et lui ont également tué le suspect dans une affaire d'enlèvement, en plus d'exécuter la femme enceinte de l'homme, son jeune fils, son beau-père et deux autres personnes.

M. Lascanas a enfin avoué avoir été impliqué dans le meurtre du commentateur Jun Pala, dont les propos irritaient M. Duterte et qui a été assassiné en 2003.

Il affirme avoir reçu une prime en argent du maire après ce meurtre.

Un porte-parole de M. Duterte a estimé qu'il s'agit d'une « campagne de destruction » orchestrée par les adversaires du président.

Rodrigo Duterte a été accusé à plusieurs reprises d'avoir dirigé un escadron de la mort durant les 20 ans qu’il a été maire de Davao, ce qu’il a tour à tour reconnu et démenti.

Depuis son arrivée à la tête du pays en juin, il a décrété une guerre sanglante à la drogue qui a fait des milliers de morts.

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