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Atlanta, un modèle pour la voiture électrique

Atlanta n'est peut-être la première métropole qui vient à l'esprit quand on part à la recherche de l'avant-garde des transports. Pourtant, la « capitale du Sud » est devenue l'une des villes les plus populaires pour les voitures électriques. Mais cette révolution est aujourd'hui menacée pour des questions d'argent.

Un texte de Yanik Dumont Baron correspondant à Washington 

« Notre réseau de métro est comme cela », m'explique une fonctionnaire d'Atlanta en traçant une petite croix sur du papier. Quelques lignes qui se croisent au centre-ville. Un réseau qui ne répond pas aux besoins changeants de la « capitale du Sud ». Atlanta est une ville très étendue. Une ville où la voiture est reine.

C'est dans ce « royaume » que le nombre de véhicules propulsés uniquement à l'électricité a bondi, plus vite que partout ailleurs aux États-Unis. Au point où on ne s'étonne plus de voir des Tesla et des Leaf sur les routes. « Le sentiment d'exclusivité a vite disparu », admet Mike Coughlan, qui en est à sa troisième année avec un véhicule électrique.

L'an passé, on comptait cinq fois plus de véhicules électriques sur les routes de la région d'Atlanta que la moyenne nationale. En quatre ans, le nombre de véhicules électriques a bondi dans la ville, passant de 11 416 à 69 566. Atlanta est aujourd'hui le second marché du pays en importance pour ce type de véhicules. Derrière San Francisco, mais devant une série de villes plus progressistes.

Étonnant dans un coin du pays rarement associé aux idées progressistes ou aux nouvelles technologies.

Convaincre le consommateur par le portefeuille

Pour se hisser au sommet des palmarès, Atlanta a trouvé la formule magique : une recette qui mise beaucoup sur l'argent.

L'an passé, les habitants de la Georgie pouvaient compter sur les incitatifs financiers les plus généreux au pays. Plus de 12 000 $ en divers crédits d'impôt à l'achat d'une voiture tout électrique. Et le « carburant » ne coûte presque rien. L'électricité n'est pas aussi bon marché qu'au Québec, mais elle coûte moins cher qu'à bien des endroits.

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À Atlanta, le calcul est devenu simple : conduire une Nissan Leaf revient quatre fois moins cher que d'utiliser son équivalent à essence. Prenez en compte tous les incitatifs et les économies sur l'essence, et louer une Leaf ne coûte même pas 30 $ par mois. Autant dire qu'on se déplace dans une voiture gratuite!

Autres bonis : l'accès en tout temps aux voies réservées au covoiturage, même sans passager. Les voitures électriques peuvent aussi circuler gratuitement sur les voies rapides payantes des autoroutes. Des avantages bien intéressants, explique Jonathon Uber en conduisant son véhicule électrique.

Des stations de recharge ont aussi poussé comme des champignons. Il y en a près des grandes tours de bureaux, derrière des restaurants, dans les stationnements des centres commerciaux. C'est crucial, croit Chris Campbell, un ingénieur, aussi mordu des véhicules électriques. « Vous chargez votre véhicule tous les soirs à la maison. Vous n'avez pas vraiment besoin de stations de recharge. Mais ça vous donne la tranquillité d'esprit de savoir qu'elles sont là. »

Un essor interrompu

Récemment, les élus de la Georgie ont mis un frein de manière bien brusque à l'aventure électrique d'Atlanta. Les incitatifs étaient jugés trop généreux, trop coûteux. La « voiture gratuite » a coûté plus de 50 millions de dollars aux contribuables. Le crédit d'impôt de l'État (5000 $) n'existe donc plus, remplacé par une surtaxe annuelle de 200 $.

Depuis que le crédit d'impôt n'est plus disponible, les ventes de véhicules électriques ont chuté de manière bien abrupte. Une conséquence aussi remarquée à d'autres endroits, comme en Colombie-Britannique.

La responsable du Bureau de la durabilité à Atlanta, Ruthie Norton, est préoccupée. « Ç'aurait été plus efficace de retirer ce crédit progressivement, pour ne pas que ça cause un si grand choc au système. Ce qu'on risque de perdre, c'est une occasion de réduire les émissions polluantes, une occasion de retirer de la route des véhicules bien polluants », soutient-elle.

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