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Attaque chimique en Syrie : trop tôt pour tirer des conclusions, disent Moscou et Damas

Alors qu'un bras de fer se poursuit au Conseil de sécurité des Nations unies sur une résolution visant à lancer une enquête sur les récentes opérations militaires meurtrières imputées au régime syrien, Damas et son allié russe ont mis en garde l'Occident jeudi contre toute conclusion hâtive.

Le projet de résolution a été déposé dans la foulée d’attaques au gaz chimique – possiblement au gaz sarin – qui auraient été perpétrées dans la ville de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, mardi. Les attaques, qui auraient été menées par l'aviation syrienne selon les pays occidentaux, ont fait 100 morts, dont plusieurs dizaines d'enfants, mardi.

L'armée syrienne « n'a pas utilisé et n'utilisera jamais » des armes chimiques contre son propre peuple, « pas même » contre les rebelles et les djihadistes, a martelé le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.

Le Kremlin, allié indéfectible du régime Assad, a indiqué que « l’usage d’armes chimiques était absolument inadmissible » et que l’armée syrienne devait agir pour éviter que ce type d’arsenal ne tombe entre les « mains des terroristes ».

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a toutefois soutenu qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions sur les circonstances de l’attaque dans la ville de Khan Cheikhoun.

Dmitri Peskov a invité les pays de la coalition internationale à faire preuve de retenue avant de lancer des accusations contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, citant le manque de preuves « objectives ».

« Immédiatement après la tragédie, personne n'a eu accès à cette région. Les données auxquelles la partie américaine ou nos collègues d'autres pays pourraient avoir eu accès ne peuvent pas avoir été fondées sur des faits objectifs », a-t-il précisé.

Le président Poutine a lui-même déclaré qu'il était « inacceptable d'accuser sans preuve » au cours d'un entretien avec son homologue israélien, Benyamin Nétanyahou, sur la question.

Les gouvernements russes et syriens soutiennent tous deux que le raid aérien mené mardi visait un « entrepôt de munitions » appartenant aux rebelles du Front Al-Nosra, autrefois affilié à Al-Qaïda.

Selon eux, la propagation de gaz chimique dans les rues de Khan Cheikoun serait attribuable à une fuite des produits entreposés dans le bâtiment.

Vers un nouveau bras de fer

Alors que les appels se multiplient en faveur d’une enquête sur les plus récentes opérations de l’aviation syrienne, tout porte à croire que les membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité se buteront à un nouveau veto de la Russie.

Le pays a déjà signifié son intention de s’opposer à la résolution, l’ayant qualifiée « d’inacceptable » lors de sa présentation initiale mardi, dans le cadre d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

Ni Moscou ni Damas n’ont semblé fléchir face aux menaces de l’administration Trump, qui a durci le ton face au régime de Bachar Al-Assad, en évoquant la possibilité d'une action unilatérale.

L'administration américaine dit examiner les possibles options militaires pour réagir à cette attaque à l'arme chimique qui a fait changer d'avis Donald Trump sur la Syrie.

Walid Mouallem a rappelé que les membres permanents du Conseil de sécurité avaient, en vertu des principes fondateurs de l’ONU, la responsabilité « de préserver la paix et la sécurité dans le monde ».

« De ce fait, ils ne peuvent pas agir de manière unilatérale », a-t-il soutenu.

Walid Mouallem ne s’est pas opposé à une commission d’enquête sur les attaques chimiques, mais a soutenu qu'elle se devait d'être « impartiale, non politisée et largement représentative ».

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