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Attentat au Bataclan : des leçons à tirer pour les forces de sécurité

La France soulignera ce week-end le triste anniversaire de l'attaque contre le Bataclan qui a fait 130 morts et plus de 350 blessés. Depuis cet attentat, les militaires français et les policiers ont vu leur mission changer en profondeur.

Des soldats armés jusqu'aux dents devant la tour Eiffel et la cathédrale Notre-Dame : la scène peut surprendre les touristes. Pourtant, elle fait partie du quotidien des Parisiens depuis l'attentat contre Charlie Hebdo.

S'ils sont déployés dans les rues depuis janvier 2015, les militaires français et les policiers ont vu leur travail radicalement changer depuis un an.

De nombreuses failles dans les méthodes d'intervention lors d'un attentat d'envergure ont été mises en lumière par la commission d'enquête parlementaire qui a suivi l'attaque au Bataclan. Cette enquête a aussi imposé une profonde remise en question des services de sécurité dans le pays.

Les autorités françaises ont notamment compris qu'elles ne pouvaient plus compter uniquement sur les policiers d'élite pour combattre les terroristes.

Le protocole prévoit que les policiers doivent attendre l'arrivée des forces d'élite avant d'intervenir dans un lieu lors d'une attaque. Mais le 13 novembre dernier, ces équipes spéciales sont arrivées bien tard au Bataclan.

De plus, les policiers affirment qu'ils n'étaient pas suffisamment armés pour faire face à l'attaque au Bataclan. « Plusieurs de nos collègues qui sont les premiers sur place soulignent le fait qu'ils ont été limités dans leur capacité d'action par le fait qu'ils ne disposaient pas d'une arme collective puissante », dit Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires de la police nationale.

Attentats terroristes à Paris

La commission d'enquête a révélé un autre cafouillage le soir du 13 novembre : des soldats français armés de fusils automatiques sont arrivés très rapidement au Bataclan, mais n'ont pas pu intervenir, n'ayant pas reçu l'autorisation de tirer.

« On s'est dit : "ce n'est quand même pas possible que des militaires armés qui sont là pour défendre la sécurité des citoyens, à un moment où l'on entendait les tirs de kalachnikov à l'intérieur du Bataclan, sont restés impuissants" », dit Georges Fenech, président de la commission d'enquête relative aux moyens mis en oeuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme.

Depuis ces révélations, le ministère de l'Intérieur a débloqué des fonds en urgence pour équiper des milliers de policiers et gendarmes ordinaires de fusils d'assaut, de boucliers et de casques. Ils reçoivent maintenant une formation spécialisée et enchaînent les simulations.

La France a tiré de dures leçons sur l'intervention policière au Bataclan et a compris que la lutte contre le terrorisme est désormais l'affaire de tous.

D'après le reportage de Jean-François Bélanger

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