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Attentat de Londres : deux assaillants identifiés

La police britannique, qui a effectué depuis dimanche des perquisitions à six adresses différentes et arrêté 12 personnes, les a toutes relâchées sans porter d'accusation contre elles. Elle a également révélé l'identité de deux des trois assaillants de l'attaque qui a fait sept morts, dont une Canadienne, samedi soir à Londres.

Khuram Shazad Butt était un citoyen britannique de 27 ans né au Pakistan. Il était connu des services de police et du MI5, le renseignement intérieur, mais aucun élément ne présageait sa participation à un projet d'attaque, a précisé la Metropolitan Police dans un communiqué.

Il avait été filmé dans un documentaire de la chaîne Channel 4 intitulé « Mes voisins les djihadistes » l'an dernier et il avait l’habitude des provocations à caractère religieux, selon plusieurs témoignages.

Khuram Shazad Butt, qui a grandi en Grande-Bretagne, avait attiré l'attention pour sa radicalisation dès 2015. Cette année-là, les services de sécurité avaient ouvert une enquête à son sujet, notamment en raison d’un signalement sur un numéro d’urgence antidjihadiste.

La priorité de Scotland Yard, qui affirme suivre 3000 personnes simultanément, s’était tournée vers d’autres dossiers puisque les enquêteurs n’avaient décelé aucun signe de préparation d’un attentat.

Selon le Guardian, M. Butt avait rejoint le groupe islamiste britannique interdit Al-Muhajiroun, qui aurait servi de plate-forme de recrutement pour une centaine de candidats au djihad.

Le second assaillant identifié, Rachid Redouane, 30 ans, se présentait comme étant d'origine marocaine et libyenne. Il se servait aussi d'une autre identité, sous le nom de Rachid Elkhdar, 25 ans. Lui était inconnu des autorités. Selon la chaîne de télévision publique irlandaise RTE, citant des sources policières, il avait vécu à Dublin où il s’était marié à une Britannique en 2011, avant de se rendre au Royaume-Uni.

L'identité du troisième n'a pas encore été rendue publique. « Des investigations se poursuivent pour confirmer l'identité de leur complice », a précisé la police dans un communiqué.

Au moins 12 personnes, soit 5 hommes et 7 femmes âgés de 19 à 60 ans, avaient été arrêtées dimanche lors de perquisitions menées dans le quartier de Barking, dans l'est de Londres, d’où provenaient les deux assaillants identifiés. Elles ont toutes été relâchées.

La commissaire de la police métropolitaine, Cressida Dick, qui n’a pas voulu dévoiler si les auteurs de l’attentat étaient connus des policiers, a souligné qu'elle ne fournirait pas plus de détails sur cette enquête qui, selon elle, évolue rapidement.

Trois hommes à bord d'une camionnette ont tout d'abord foncé sur les piétons sur le célèbre pont de Londres. Ils ont ensuite attaqué au couteau des passants dans les environs du Borough Market. L'attaque, qui a fait 7 morts et 48 blessés, dont 18 sont dans un état critique, a été revendiquée par Daech (le groupe armé État islamique), via un communiqué de son agence de propagande Amaq.

Trente-six personnes sont encore hospitalisées, dont 18 se trouvent dans un état critique.

Les trois hommes, qui portaient de fausses vestes explosives, ont été abattus par la police moins de dix minutes après la réception du premier appel d'urgence.

Daech a revendiqué la responsabilité de trois attaques perpétrées au Royaume-Uni depuis mars, et Mme Dick a décrit « une vague de violence sans précédent dans [sa] vie professionnelle ».

Les enquêteurs ont pour priorité de s'assurer que les trois suspects abattus n'aient pas des complices qui seraient prêts à agir. La police ne croit pas que d’autres complices soient dans la nature, mais elle doit en être absolument certaine, selon la commissaire de la police métropolitaine.

La première ministre Theresa May a prévenu que des attaques inspirées par celle de samedi soir étaient possibles. Elle a affirmé être en faveur de la tactique de « tirer pour tuer » utilisée par les policiers, estimant que cela avait permis de sauver plusieurs vies.

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Hommage aux victimes

Le métro de Londres a rouvert lundi dans le quartier où l'attaque a été perpétrée, et la vie normale a pu ainsi reprendre son cours, après une paralysie de plus de 24 heures.

Des milliers de Londoniens se sont rassemblés dans la soirée sur les bords de la Tamise, à quelques centaines de mètres du London Bridge et du Borough Market, pour une veillée en hommage aux victimes. Des participants brandissaient des pancartes proclamant que « la haine ne nous divisera pas » ou appelant à « Rejeter le racisme ».

Controverse à trois jours des législatives

Alors que la campagne électorale a repris, la polémique qui monte depuis l'attentat de Manchester sur les réductions budgétaires dans la police a gagné en intensité. Le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, en net regain dans les intentions de vote, a appelé à la démission de Theresa May.

« Beaucoup de personnes très responsables [sont] vivement préoccupées par le fait qu'elle ait été à la tête du Home Office pendant tout ce temps, qu'elle ait présidé à des coupes dans les effectifs de la police et qu'elle dit aujourd'hui qu'il y a un problème », a-t-il déclaré sur Sky News. « Eh bien oui, nous avons un problème, à savoir que nous n'aurions jamais dû réduire les effectifs de la police ».

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Kahn, a lui aussi fait écho aux quelque 20 000 postes de policiers supprimés en Angleterre et au Pays de Galles lorsque Theresa May dirigeait le Home Office.

Aux journalistes lui demandant si elle regrettait ces coupes, May a rétorqué que le budget de la lutte antiterroriste avait été sanctuarisé et que la police avait obtenu les moyens dont elle avait besoin dans ce domaine.

Trump entretient la polémique

Le président américain est revenu à la charge lundi sur Twitter, lançant une nouvelle salve de critiques envers le maire de Londres. Donald Trump a jugé que Sadiq Khan avait eu recours à une « excuse pathétique » pour justifier les propos qu'il a tenus après l'attentat.

Dans l'une de ses toutes premières réactions, Sadiq Kahn a annoncé que la présence policière allait être renforcée et qu'il ne fallait pas s'en alarmer, ce que le président américain a semble-t-il mal interprété et condamné, suscitant l'indignation au Royaume-Uni comme aux États-Unis.

« Pathétique excuse de la part du maire de Londres, Sadiq Khan, qui a dû réfléchir à la hâte à son "Pas de raison de s'alarmer" », écrit Donald Trump sur Twitter.

Le premier maire musulman de la capitale britannique s’est défendu d’avoir pris le terrorisme à la légère. « Nous ne laisserons pas Donald Trump diviser nos communautés », a-t-il répliqué. Le maire a expliqué sur Sky News qu’il avait des choses plus importantes à faire que de « répondre à des tweets de Donald Trump ».

La première ministre a pris sa défense, soulignant que Sadiq Khan faisait du bon travail et qu’il serait injuste d’affirmer le contraire.

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