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Attentats de Paris : deux suspects inculpés pour terrorisme par la justice belge

Deux hommes ont été formellement inculpés lundi d'avoir participé aux attentats terroristes qui ont fait 129 morts et 352 blessés, vendredi, à Paris.

Ils avaient été contrôlés samedi matin, dans leur voiture, par la police à Cambrai, une commune française près de la frontière belge, alors qu'ils étaient en compagnie d'un autre suspect, Salah Abdeslam, toujours en cavale. Ils n'ont pas été interpellés à ce moment.

Ce n'est que plus tard, samedi après-midi, que les enquêteurs ont soupçonné Salah Abdeslam d'avoir un lien avec les attentats de Paris.

Selon le parquet fédéral belge, les deux suspects ont été « placés sous mandat d'arrêt du chef d'attentat terroriste et participation aux activités d'un groupe terroriste ». Cinq autres personnes, arrêtées en même temps qu'eux, ont pour leur part été relâchées.

L'un des deux hommes s'appelle Mohamed Amri, selon La Radio-Télévision belge de la communauté française (RTBF). L'autre homme inculpé est un « Belge de 21 ans sans antécédents judiciaires et inconnu des services de police », habitant à Molenbeek, selon son avocate.

Mandat d'arrêt international

Bruxelles a lancé en fin de semaine un mandat d'arrêt international contre Salah Abdeslam, qui demeure introuvable. Ce dernier avait loué une Polo noire immatriculée en Belgique, qui a été retrouvée garée devant le Bataclan, lieu d'un des attentats.

Une opération policière menée lundi à Molenbeek, une commune défavorisée de Bruxelles connue pour être un foyer de partisan de l'islam radical, visait à le retrouver.

Placé en garde en vue en Belgique en fin de semaine, Mohammed Abdeslam, un des frères de Salah Abdeslam, a été libéré lundi « sans la moindre inculpation », selon son avocate, citée par la RTBF.

Peu après sa remise en liberté, Mohamed Abdeslam a déclaré ne pas savoir où se cachait son frère Salah. « Nous ne savons pas où il se trouve actuellement. Nous ne savons pas, avec les tensions qu'il y a actuellement, s'il ose se rendre à la justice », a-t-il déclaré devant la presse.

Pendant ce temps, en France, les opérations de la police, qui bénéficie de mesures exceptionnelles autorisées en vertu de l'état d'urgence, se poursuivent sans relâche.

Pas moins de 168 perquisitions ont été effectuées dans de nombreuses villes françaises dans la nuit de dimanche à lundi et 23 personnes ont été arrêtées. Plusieurs de ces opérations visent des personnes liées à cinq des sept auteurs des attentats, qui ont maintenant été formellement identifiés par les autorités.

Attentat au Bataclan

Deux des trois assaillants qui ont froidement abattu des clients du Bataclan avant d'y faire exploser leur ceinture d'explosifs sont maintenant connus. Le troisième individu dont l'identité est inconnue a été abattu, selon Le Monde.

  1. Omar Ismaïl Mostefaï, un délinquant français de 29 ans né à Courcouronnes, en banlieue parisienne. Condamné huit fois entre 2004 et 2010, il n'a jamais été incarcéré. Il avait été fiché pour radicalisation en 2010, mais sans jamais être « impliqué » dans un dossier judiciaire terroriste. La police turque affirme avoir informé la police française à son sujet à deux reprises, sans que la France n'offre de réponse, selon elle. Une source judiciaire française affirme que sept membres de son entourage étaient toujours en garde à vue, lundi, en France. Son entourage a aussi été touché par une série de perquisitions dimanche.
  2. Samy Amimour, âgé de 28 ans, né à Paris. Il était aussi bien connu des policiers. Il avait été inculpé en octobre 2012 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste « après un projet de départ avorté vers le Yémen ». Un mandat d'arrêt international a été délivré contre lui à l'automne 2013, quand il ne s'est pas présenté pour un contrôle judiciaire. Selon sa famille, il est parti en Syrie, où il se trouvait toujours à l'été 2014. Trois membres de son entourage familial ont été placés en garde à vue lundi matin. Des perquisitions visant cet entourage ont eu lieu lundi à Drancy.

Stade de France

Trois kamikazes se sont fait exploser aux alentours du Stade de France. L'un d'eux a été formellement identifié. Il s'agit de Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique. Selon les enquêteurs, il aurait lui aussi séjourné en Syrie.

Le passeport d'un certain Ahmad Al-Mohammad, 25 ans, né à Idlib, en Syrie, a par ailleurs  été retrouvé près d'un des corps. Le procureur de Paris a fait savoir dans un communiqué que les empreintes d'un des kamikazes concordent avec celles relevées lors d'un contrôle de « migrants » en Grèce en octobre dernier. Selon Le Monde, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a affirmé que c'était un faux passeport.

L'identité du troisième homme est inconnue pour le moment.

Attentats dans les 10e et 11e arrondissements

Au moins deux hommes ont ouvert le feu à bord d'une voiture devant le bar Le Carillon et le restaurant Le Petit Cambodge vers 21 h 25 vendredi dernier. Ils se sont ensuite dirigé vers le café Bonne Bière et le restaurant La Belle Equipe. L'un a été formellement identifié et l'autre est soupçonné d'être Salah Abdeslam, le frère de Brahim Abdeslam. Selon Le Monde, un troisième suspect aurait peut-être participé à cette tournée sanglante, mais on ignore pour le moment si cela est confirmé.

  1. Brahim Abdeslam, un Français résidant lui aussi en Belgique. Il faisait vraisemblablement partie de l'équipe de tueurs qui a ouvert le feu sur des gens attablés à des terrasses. Il s'est fait exploser seul devant le Comptoir Voltaire. Il avait loué une voiture Seat noire, immatriculée en Belgique, qui a été retrouvée samedi à Montreuil, près de Paris. À bord, les policiers ont trouvé trois fusils d'assaut kalachnikov, et 16 chargeurs, dont 11 étaient vides.

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Adbelhamid Abaaoud, commanditaire soupçonné

Selon le quotidien français Le Monde, les enquêteurs sont par ailleurs convaincus qu'un Belge d'origine marocaine, Abdelhamid Abaaoud, est impliqué d'une manière ou d'une autre dans l'organisation des attentats.

« Il apparaît comme susceptible d'être le commanditaire de plusieurs projets d'attentats en Europe », a indiqué une source proche de l'enquête à Reuters. Le fait qu'il soit aussi le cerveau des attentats de vendredi « est une hypothèse privilégiée ».

Abaaoud, alias Abou Omar Al-Soussi, âgé de 27 ans, est une figure de l'État islamique (EI) qui se trouve actuellement en Syrie. Selon Le Monde, il est un proche de Salah Abdeslam, avec qui il a été incarcéré en 2010 en Belgique pour des affaires de braquage.

Son nom a surgi dans plusieurs enquêtes liées à des attentats terroristes commis au cours des derniers mois. Il est considéré comme le « cerveau » de la cellule de Verviers, en Belgique, qui a été démantelée le 15 janvier dernier, une semaine après les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo et une épicerie cacher de Paris.

Deux djihadistes qui s'apprêtaient à commettre un attentat « de grande envergure » en Belgique avaient été tués lors de cette opération. Ils avaient ouvert le feu sur les forces spéciales belges avec des armes militaires et des armes de poing.

Il a aussi été établi qu'Abdelhamid Abaaoud était en contact avec Mehdi Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014.

Il est aussi soupçonné d'avoir joué un rôle :

Selon des médias belges, Abdelhamid Abaaoud est le frère d'un jeune garçon de 13 ans qui a quitté la Belgique pour aller combattre en Syrie.

Dans une entrevue accordée au journal belge Het Laatse Nieuws plus tôt cette année, le père d'Abaaoud disait désavouer son fils. « Abdelhamid a déshonoré notre famille. Nos vies sont détruites. Pourquoi veut-il tuer des Belges innocents? Notre famille doit tout à ce pays », s'était-il indigné.

L'implication d'Abdelhamid Abaaoud n'est toutefois pas officiellement reconnue par les autorités.

Toutefois, Le Monde confirme son implication dans les attentats, selon leurs informations. Quoi qu'il en soit, il est activement recherché.

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