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Au Danemark, les biens des réfugiés excédant 2068 $ seront saisis

Les députés danois ont adopté mardi un projet de loi controversé sur l'immigration visant à dissuader les réfugiés de demander l'asile, qui prévoit notamment la confiscation de leurs biens dépassant les 10 000 couronnes danoises (2068 $ CA) pour participer au financement de leur séjour.

Les objets à forte valeur sentimentale, comme les alliances, sont exclus du champ d'application de cette disposition très controversée du projet de loi, qui repousse aussi à trois ans le délai préalable au regroupement familial.

La version initiale du projet fixait le seuil à 3000 couronnes. Face aux critiques des organisations de défense des droits de l'homme et d'agences internationales, dont le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le gouvernement l'a relevé.

Le Parti libéral, qui a remporté les élections législatives de juin, ne dispose que de 34 sièges sur les 179 du Parlement. Mais il a obtenu comme prévu le soutien de divers partis de droite, dont le Parti populaire danois (DF), une formation xénophobe, ainsi que des sociaux-démocrates (opposition), qui ont voté en faveur de la réforme.

Le Danemark n'est pas le seul pays à s'en remettre à cette solution : la Suisse a commencé à prélever les avoirs des réfugiés au-delà d'un seuil de 1000 francs suisses (1404 $). Dans le land allemand du Bade-Wurtemberg, la limite est fixée à 350 euros (540 $).

Le HCR a critiqué ces confiscations, que le nouveau haut-commissaire, le diplomate italien Filippo Grandi, qualifie d'« affront à la dignité » des réfugiés et de « réponse profondément préoccupante à leurs besoins humanitaires ».

Le Conseil de l'Europe a également fait part de son inquiétude.

« La plupart (des réfugiés) ont tout perdu et pourtant cette loi semble dire que les quelques réfugiés qui ont eu la chance de survivre au voyage vers le Danemark avec leurs derniers biens n'ont pas assez perdu », s'était émue la semaine dernière la présidente de la Commission des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la Portugaise Isabel Santos.

« Ce n'est certainement pas le Danemark tel que je le connais », avait-elle ajouté, appelant les députés danois à un « examen de conscience ».

L'an passé, le Danemark a enregistré l'arrivée de 20 000 réfugiés, du jamais vu dans l'histoire du pays.

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