Des raids aériens ont fait au moins 140 morts et 525 blessés samedi dans la capitale du Yémen, à Sanaa, a déclaré le coordinateur humanitaire pour l'ONU au Yémen, Jamie McGoldrick, par voie de communiqué.

« La communauté humanitaire du Yémen est choquée et scandalisée par les raids aériens d'aujourd'hui qui ont visé une salle publique où des milliers de personnes participaient à une cérémonie funéraire », a déclaré M.McGoldrick, en indiquant que ce bilan provenait de « premières informations émanant du personnel de santé ».

Le gouvernement mis sur pied par les rebelles chiites Houthi affirmait plus tôt dans la journée que le raid aérien avait été mené par la coalition saoudienne. 

« L'agresseur saoudien a commis un crime majeur en s'attaquant à un rassemblement funèbre de la famille Roueïchane [...]. En conséquence, 534 personnes ont été blessées et 82 sont mortes en martyrs », soutenait plus tôt dans la journée le ministre de la Santé par intérim, Ghazi Ismaïl, lors d'une conférence de presse à Sanaa.

La coalition arabe menée par l'Arabie saoudite nie toutefois toute implication. « La coalition est au courant de ces informations et elle est certaine que d'autres causes doivent être envisagées. La coalition a, par le passé, évité de s'en prendre à de tels rassemblements [qui] n'ont jamais été visés », indique une source proche de la coalition.

Les victimes étaient rassemblées pour veiller le corps du père du ministre de l'Intérieur du gouvernement houthi, Djalal Al-Roueïchane, mort de causes naturelles.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a vivement condamné l'attaque, a réclamé la tenue d'une enquête indépendante affirmant que justice devait être faite. « Toute attaque délibérée contre des civils est inacceptable », a-t-il ajouté, rappelant que toutes les parties d'un conflit armé avaient l'obligation de protéger les civils et leurs infrastructures.

Ban Ki-moon a également offert ses condoléances aux familles des victimes.

Le bombardement est l'un des plus meurtriers depuis l'entrée en lice de la coalition saoudienne formée pour enrayer la progression des houthis pro-iraniens et rétablir le président Abd Rabbo Mansour Hadi dans ses fonctions.

Les États-Unis ont déclaré samedi qu'ils procéderont à un « examen immédiat » de leur soutien à la coalition arabe et se sont dits « profondément troublés » par les attaques.

Selon le communiqué du porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, Ned Price, Washington « est disposé à ajuster son soutien afin de le conformer au mieux aux principes, aux valeurs et aux intérêts des États-Unis ».

La coalition arabe s'est même dite prête à associer les États-Unis à l'enquête. « Une enquête immédiate sera diligentée et l'équipe d'enquêteurs est prête à profiter de l'expertise de la partie américaine », a-t-elle déclaré par voie de communiqué.

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