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Au moins 18 morts, dont deux Canadiens, dans une attaque à Ouagadougou

Deux Canadiens ont perdu la vie dans l'attentat qui a visé un café-restaurant turc de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, dimanche. L'attaque, menée par des djihadistes présumés, a fait au moins 18 morts et 8 blessés.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a confirmé que deux Canadiens avaient perdu la vie, sans toutefois dévoiler leur identité.

« C’est avec une profonde tristesse qu’Affaires mondiales Canada confirme le décès de deux citoyens canadiens lors de l’attaque à Ouagadougou », a fait savoir sa porte-parole, Brittany Venhola-Fletcher.

Selon le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Alpha Barry, l'une des deux victimes canadiennes est une femme.

Sept Burkinabés, un Français, un Sénégalais, un Nigérian, un Libanais, un Turc et deux Koweïtiennes ont aussi péri lors de l’attaque, a précisé M. Barry. La nationalité des deux autres victimes n’est pas encore connue.Le ministre des Communications, Rémis Fulgance Dandjinou, a fait état de « plusieurs blessés », dont trois membres des forces burkinabées. Certains blessés ont été transportés à l'hôpital et se trouveraient dans un état critique.

L’attentat n’a pas encore été revendiqué.

Le fil des événements

Au moins deux assaillants – de présumés djihadistes – ont lancé leur attaque en fin de soirée au café-restaurant Aziz Istanbul, une place du centre de la capitale fréquentée par une clientèle étrangère.Lourdement armés, ils ont ouvert le feu sur les clients assis à la terrasse, en descendant de leur moto, selon des témoins. Ils se sont ensuite barricadés à un étage de l'immeuble qu'ils ont attaqué.Plusieurs clients de l’établissement, qui n’ont pas réussi à fuir, ont été retenus en otages pendant quelques heures.

« On a entendu des coups de feu. Ils ont commencé à tirer sur la terrasse, on est monté par l'escalier jusqu'en haut, on était couchés par terre, les assaillants sont venus, ils ont pointé leurs fusils sur nous [...] je ne comprenais pas leur langue », a raconté l'un des rescapés lors d'une entrevue à la télévision nationale, dans un hôpital de Ouagadougou.L’armée a ensuite été appelée en renfort, avec des véhicules blindés, après que la police eut évacué les civils à proximité du commerce. Un assaut a été lancé et s’est terminé au bout de sept heures, en fin de nuit. Encore lundi matin, le quartier demeure sous haute sécurité.Les forces de l'ordre affirment avoir abattu les deux auteurs de l'attaque.Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a condamné cet « attentat ignoble », en affirmant que son pays résisterait au terrorisme.« Je condamne avec la plus grande énergie l'attentat ignoble qui a endeuillé Ouagadougou. La lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine », a-t-il déclaré.

Deux attentats en 18 mois

L’attaque de dimanche soir est survenue à 350 mètres d’un autre café-restaurant de la même avenue, visé par un attentat terroriste qui a coûté la vie à 30 personnes, dont 6 Québécois, en janvier 2016.

« L’ambiance est à la tristesse », note Mylène Otis, coordonnatrice d’Oxfam Québec au Burkina Faso. L'organisme humanitaire a par ailleurs fermé son bureau, le temps que le personnel puisse « digérer cette nouvelle ».

« Les gens sont surtout déçus qu’un attentat se produise de nouveau […] Ça nous rappelle qu’on n’est pas à l’abri », ajoute-t-elle.

L'attentat de janvier 2016, qui a de nombreuses similarités avec celui de dimanche soir, avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le chercheur en sécurité pour le Centre panafricain-Initiatives pour le Sahel, Wendyam Aristide Sawadogo, qui habite à Ouagadougou, affirme avoir entendu des tirs sporadiques au début de l’assaut. Selon lui, cette deuxième attaque en moins de 18 mois était prévisible.

« L'habitude terroriste s'est installée au Burkina Faso, soutient-il, alors qu’il ne se passerait pas un mois sans menaces d’attentats ou des assassinats ciblés. On sentait qu'à tout moment, ils pouvaient frapper dans la capitale, où des renforts sécuritaires avaient été déployés, mais il n'y a jamais de risque zéro. »

« Au niveau des actions terroristes, ça se passe là où il y a des lieux fréquentés par les étrangers. C’est une cible privilégiée », poursuit le résident Cheick Tall, en entrevue à RDI.

Ce dernier a cependant constaté un relâchement des mesures de sécurité dans les derniers mois, avec la présence, notamment, de gardes de sécurité moins lourdement armés. « On sentait avec le temps un relâchement naturel. » La faille repose là, selon lui.

Cheick Tall soutient cependant que l’intervention rapide des forces de l’ordre – en moins de 30 minutes – est due à la présence policière accrue dans le secteur.

Comme d'autres pays d'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso a été la cible de violences de groupes djihadistes, autant de l’étranger qu’à l’intérieur du pays.

L'Ansarul Islam, un groupe considéré comme terroriste par le gouvernement burkinabé, se terre, par exemple, dans le nord du pays.

Le Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres de la planète, partage une frontière avec le Mali, où sévissent également des extrémistes islamistes.

Les chefs d'État du G5 Sahel (Mali, Tchad, Mauritanie, Niger, Burkina Faso) ont lancé en juillet une force conjointe contre le terrorisme.

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