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Au Royaume-Uni, le « In » remonte, mais l'issue du référendum reste incertaine

À 48 heures d'un référendum sur la place du Royaume-Uni dans l'Europe, décisif pour l'avenir de l'Union européenne (UE), les sondages font état mardi d'une opinion britannique très divisée sur la question et ne dégagent pas une tendance claire, même si les partisans du « maintien » semblent avoir progressé ces derniers jours.

Les Britanniques diront jeudi s'ils veulent se retirer de l'UE ou s'y maintenir, à l'issue d'une campagne à laquelle se sont invités des dirigeants de la communauté internationale, des investisseurs et des multinationales pour dire qu'un « Brexit » [sortie de l'UE, NDLR] amoindrirait l'influence politique et économique de la Grande-Bretagne et provoquerait une onde de choc dans tout le monde occidental.

Une trentaine de multinationales françaises ont ainsi publié mardi dans la presse britannique une tribune pour appeler les électeurs du Royaume-Uni à voter en faveur du maintien.

« S'il vous plaît, amis britanniques, remain! », lit-on au début de ce texte signé par de grandes entreprises de l'Hexagone de tous les secteurs, de la banque coopérative BPCE à BNP Paribas en passant par Airbus Group, Bouygues, Orange, Danone ou encore Michelin.

Du côté des dirigeants étrangers, François Hollande et son homologue ukrainien Petro Porochenko ont lancé à Paris un appel pour le maintien du royaume dans l'UE.

François Hollande s'est une nouvelle fois déclaré favorable au « Bremain », faute de quoi, a-t-il dit, la France en tirera « toutes les conséquences ».

À Athènes, le premier ministre grec Alexis Tsipras a lui aussi appelé de ses voeux la victoire du « In », tout en estimant que l'UE devait changer. « Tout le monde sait que nous sommes tous deux partisans du maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE », a-t-il dit à l'issue d'un entretien avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« Quel que soit le verdict du peuple britannique, nous devons tous réfléchir à la phase critique dans laquelle se trouve aujourd'hui l'Union européenne », a-t-il ajouté.

Une sortie de l'UE sera « irréversible », plaide Cameron

En Grande-Bretagne, chaque camp abat ses dernières cartes. Les partisans du « maintien » ont placardé une dernière affiche qui représente une porte donnant sur le vide et les ténèbres, avec ce slogan: « Si vous sortez, ce sera sans retour ».

L'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre de football David Beckham, fort de son immense célébrité outre-Manche, a ajouté mardi sa voix à ceux des défenseurs du « maintien » : « Pour nos enfants et leurs enfants, nous devons affronter les problèmes internationaux ensemble et non pas seuls », a-t-il dit.

Le camp du maintien dans l'UE, qui comprend le premier ministre conservateur David Cameron, met l'accent sur ce qu'il présente comme les avantages économiques de l'appartenance à l'UE et sur les risques posés par un départ.

David Cameron a une nouvelle fois appelé mardi les électeurs britanniques à voter pour le maintien dans l'Union européenne, les prévenant qu'une victoire du « Brexit » serait irréversible. Il s'est particulièrement adressé aux électeurs âgés, leur demandant de penser à l'avenir des générations futures au moment de voter.

« Il n'y aura que vous dans l'isoloir. Que vous pour prendre une décision qui affectera votre avenir, l'avenir de vos enfants et celui de vos petits-enfants », a-t-il dit dans un appel lancé à « [sa] génération et aux plus anciens ».

Le camp du « In » remonte, la livre aussi

Dans le même temps, les partisans du retrait enfoncent le clou mardi avec ce qu'ils appellent « l'immigration incontrôlée ».

Un ancien collaborateur de David Cameron, Steve Hilton, explique ainsi que de hauts fonctionnaires ont dit sans ambiguïté au chef du gouvernement, dès 2012, qu'il ne pourrait pas atteindre son objectif de limiter le solde migratoire net à quelques dizaines de milliers de personnes.

« On nous disait, directement et explicitement, qu'il serait impossible pour le gouvernement d'atteindre son objectif tant que nous serions membres de l'Union européenne, laquelle, évidemment, met en avant la libre circulation des personnes en son sein », écrit mardi Hilton, partisan déclaré du « Brexit », dans les colonnes du Daily Mail.

De son côté, l'homme d'affaires George Soros a écrit dans les colonnes du Guardian que si le « Brexit » l'emportait, la livre chuterait encore plus lourdement que lors du Mercredi Noir, cette journée du 16 septembre 1992 où la monnaie britannique dut sortir de force du mécanisme de change européen.

La livre regagne du terrain depuis quelques jours sur la foi de sondages plus favorables au camp du « In », mais même les partisans du « maintien » reconnaissent que l'opinion demeure très partagée. La devise britannique a continué de se raffermir mardi matin et a touché un plus haut depuis le 4 janvier face au dollar, à 1,4788 $.

« La situation s'est améliorée pour le camp du "maintien" ces derniers jours mais cela pourrait toujours être très serré [...]. J'ai davantage confiance depuis quelques jours », déclarait mardi le secrétaire d'État aux Finances Greg Hands devant des investisseurs réunis pour une conférence à Londres.

Une enquête de l'institut ORB pour le Daily Telegraph crédite le camp du « In » de 53 % des intentions de vote contre 46 % en faveur du « Brexit », alors que le précédent sondage ORB/Daily Telegraph, il y a une semaine, donnait encore un point d'avance aux partisans du « Leave » (sortie de l'UE), à 49 % contre 48 %.

Un sondage de l'institut NatCen pour le Financial Times donne le « Remain » à 53 % des intentions de vote contre 47 % au « Brexit ». En revanche, l'institut YouGov pour le Times donne le camp du « Out » à 44 % contre 42 % pour le « In ».

Le camp du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne est aussi en tête avec 45 % des intentions de vote dans un sondage Survation effectué pour le Mail on Sunday, mais l'écart s'est réduit avec les partisans d'un « Brexit », désormais crédité de 44 %.

La campagne a été suspendue pendant trois jours après l'assassinat jeudi dernier de la députée travailliste Jo Cox, qui militait pour le « In ». Avant ce meurtre, les sondages donnaient pour la plupart l'avantage au « Brexit ».

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