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Au Venezuela, le gouvernement est accusé de persécuter l'opposition

Les forces d'opposition du Venezuela ont accusé jeudi le gouvernement du président Nicolas Maduro de se livrer à une véritable « persécution » des contestataires du régime socialiste, alors que le chef d'État a tendu une branche d'olivier à son homologue américain Donald Trump.

Les plus récentes accusations lancées contre le pouvoir de Caracas par l'opposition surviennent au lendemain de la condamnation, par la Cour suprême du pays, d'un maire à 15 mois d'emprisonnement.

Ce maire, David Smolansky, est lui-même membre de l'opposition, et dirige El Hatillo, un district de Caracas. Sa peine porte à 23 le nombre de maires poursuivis en justice, précisent les opposants.

Dans la ville voisine de Baruta, le maire Gerardo Blyde, également poursuivi, se fait railleur : « Est-ce là la paix dont parle Maduro? »

« Aucun d'entre nous n'a peur des persécutions. Peut-être vont-ils se mettre à poursuivre nos députés maintenant », poursuit-il. Le parlement est la seule institution gouvernementale contrôlée par l'opposition.

Au gouvernement, on semble vouloir prendre le taureau par les cornes; les candidats de l'opposition désireux de se présenter au prochain scrutin pourraient devoir faire preuve de « bonne conduite » et présenter une attestation en ce sens délivrée par la nouvelle Assemblée constituante.

Changer la donne

Ce nouvel appareil étatique, dont les membres ont été élus fin juillet, est entre les mains des partisans du président. La légitimité de cette Constituante est remise en question par l'opposition, mais aussi par la communauté internationale.

L'Assemblée a comme mission de réécrire la Constitution adoptée en 1999.

Aux yeux de l'opposition, la Constituante est une manœuvre pour maintenir Nicolas Maduro au pouvoir après la fin prévue de son mandat, en 2019.

L'Assemblée a déjà destitué l'une des critiques les plus virulentes du président, la procureure générale Luisa Ortega. On craint maintenant que la Constituante ne dissolve le Parlement, comme elle en a le pouvoir.

D'ennemi à ami

Par ailleurs, le chef de l'État a tenté jeudi d'apaiser les tensions entre son pays et les États-Unis, en disant vouloir organiser une rencontre, en personne ou par téléphone, avec le président américain Donald Trump.

Lors d'un discours prononcé devant l'Assemblée constituante, M. Maduro a lancé un message d'ouverture à celui qu'il a pourtant récemment qualifié de « magnat de l'impérialisme crasse ».

M. Maduro a aussi déjà vivement critiqué les sanctions américaines imposées à certains responsables au sein de son administration.

Après avoir martelé que le Venezuela « ne céderait jamais » face aux États-Unis, le chef d'État socialiste a dit vouloir avoir une relation « aussi forte » avec Washington que celle qu'entretient Caracas avec Moscou.

De son côté, l'administration Trump ne mâche pas ses mots : pour la Maison-Blanche, M. Maduro est un « dictateur » et on accuse son gouvernement de violer les droits de la personne et de mettre en péril la démocratie dans le pays, dans la foulée d'une crise politique et économique qui continue à prendre de l'ampleur.

Enfin, une attaque informatique a touché jeudi plusieurs millions de clients de la compagnie nationale de téléphonie sans fil.

Lundi, déjà, des dizaines de sites internet avaient été visés par des pirates. Au gouvernement, on parle d'« actions terroristes » organisées « en collaboration avec des agents extérieurs ».

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