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Aucun signe de manipulation du vote au Kenya, selon des observateurs de l’UE

La chef de la mission d'observation de l'Union européenne (UE) de l'élection présidentielle kényane, Marietje Schaake, a affirmé jeudi qu'aucune trace de « manipulation centralisée ou localisée » du processus de vote n'avait été détectée, alors que les résultats officiels se font toujours attendre.

L’observatrice en chef a dit que le rapport final de cette mission de l’UE évaluerait le processus de dépouillement des votes critiqué par Raila Odinga, un leader de l’opposition.

Ce dernier a contesté l'appréciation faite par l'instance européenne, affirmant que les feuilles de résultats de la plupart des 20 000 bureaux de vote mises en ligne sur le site de la commission électorale sont faux.

M. Odinga affirme que la plupart de ces feuilles de résultats ont été remplis par des agents du gouvernement dans un hôtel à Nairobi.

Ce dernier rejette ainsi le résultat du scrutin en le disant entaché d'une fraude « massive et généralisée », sans toutefois fournir d'éléments concrets à l'appui de ses affirmations.

Tentative de piratage évitée?

La commission électorale kényane s’est empressée de rejeter ces accusations. Le président de la commission Wafula Chebukati a néanmoins reconnu, jeudi, que le système informatique et les bases de données avaient été l'objet d'une tentative de piratage qui a, selon lui, été déjouée. Il avait dans un premier temps démenti cette information.

La commission électorale a par ailleurs riposté aux accusations de malversation en présentant ses propres arguments visant à tailler en pièces les revendications du candidat de l'opposition.

On rejette ainsi les documents présentés par M. Odinga et censés officialiser la victoire de ce dernier.

Selon la commission, les données de M. Odinga comporteraient des erreurs de tabulation grossières et proviendraient d'une base de données Microsoft, alors que c'est plutôt le logiciel Oracle qui est utilisé par les autorités électorales.

En soirée, M. Odinga, en entrevue sur le réseau CNN, s'est dit « déçu » des observateurs internationaux.

« Nous ne voulons voir aucune violence au Kenya. Nous savons les conséquences de ce qui s'est passé en 2008 et nous ne voulons pas voir cela se répéter », a-t-il déclaré, avant d'en appeler à la « justice ».

Les résultats partiels publiés jeudi donnaient le président sortant Uhuru Kenyatta vainqueur avec une avance confortable, soit 54,27 % des voix contre 44,84 % à M. Odinga, après dépouillement de 99 % des bureaux de vote.

Des accusations de fraudes de l'opposition à l’endroit du camp présidentiel se sont accumulées tout au long de la campagne électorale.

Le rejet des résultats provisoires par l'opposition a été suivi d'échauffourées et de quelques scènes violentes. Quatre personnes ont été tuées lors de deux incidents distincts.

Alors que 150 000 membres des forces de sécurité sont déployés dans le pays, aucun trouble notable n'a été signalé dans la nuit et la matinée de jeudi.

Appel à la patience

Les Kényans attendaient donc jeudi avec impatience et une certaine angoisse le dévoilement des résultats officiels.

Les différentes missions d'observation internationales ont demandé au peuple de faire preuve de patience, le temps que la Commission électorale (IEBC) achève le processus de compilation et de vérification des résultats.

L'ex-président ghanéen John Dramani Mahama, chef de la mission du Commonwealth, a quant à lui dit prendre au sérieux les allégations de M. Odinga tout en estimant que tout désaccord devrait être « résolu par l'intermédiaire des voies légales prescrites ».

L'IEBC n'a pas indiqué quand elle serait en mesure de dévoiler le nom du président élu, mais elle a cependant l'obligation légale de le faire au plus tard le 15 août.

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