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Aung San Suu Kyi dénonce la « désinformation » entourant le sort des Rohingyas

De plus en plus critiquée pour son silence face à la répression qui s'abat contre la minorité musulmane rohingya dans son pays, la chef du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, dénonce ce qu'elle qualifie de désinformation entourant cette crise, qui ne profite, selon elle, qu'aux terroristes.

Lors d’un échange téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui blâme sévèrement son gouvernement pour le sort réservé aux Rohingyas, la lauréate du prix Nobel de la paix a soutenu que la compassion internationale à l’égard de ces derniers est le résultat d'une vaste campagne de désinformation, faite notamment de fausses nouvelles et de montages photographiques, parlant même d'un « énorme iceberg de désinformation »

Selon Aung San Suu Kyi, cette désinformation est générée de l’étranger pour déstabiliser le Myanmar et attiser les tensions entre les différentes communautés de façon à « promouvoir les intérêts des terroristes », a-t-elle déclaré, en référence aux rebelles rohingyas.

Depuis plusieurs années, la minorité musulmane rohingya est la cible de persécutions et de violences ethniques au Myanmar.

Chassés de chez eux lors de violences ethniques et d’affrontements avec l’armée birmane, les Rohingyas fuient le Myanmar par dizaines de milliers au Bangladesh pour tenter ensuite d’entrer en Inde.

Alors qu’aux Nations unies on s’alarme de la persécution de cette minorité musulmane, en Turquie et dans plusieurs pays musulmans, on parle ouvertement de nettoyage ethnique, voire de « génocide ».

D'après des organisations humanitaires citées par l’AFP, 146 000 réfugiés rohingyas ont fui le nord-ouest du Myanmar depuis deux semaines pour gagner le Bangladesh alors que des milliers d’autres seraient toujours sur les routes ou bloqués aux frontières. Ces dernières années, les Rohingyas fuient également le nord du Myanmar à bord d'embarcations qui échouent sur les rives de la Malaisie ou encore de la Thaïlande.

Plusieurs périssent lors de naufrages ou sont victimes de trafic humain.

Une « vision trompeuse » de la réalité

Pour la porte-parole de la présidence birmane, la vision de la situation véhiculée à l’étranger est trompeuse.

Aung San Suu Kyi estime que, dans cette crise, les forces de sécurité combattent le terrorisme et font en sorte que tous les habitants voient leurs droits protégés.

« Nous savons bien mieux que d'autres ce que c'est que d'être privés de droits et de protection démocratique », a-t-elle déclaré, faisant allusion à ses années de lutte contre la junte militaire qui l’a assignée à résidence pendant de nombreuses années.

Des décennies de discrimination et d'oppression

Pendant ce temps, les morts se comptent par centaines dans l’État de Rakhine, où des rebelles de l'Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) se soulèvent depuis 2016 pour défendre la minorité rohingya.

Selon un bilan fourni par l’armée birmane, au moins 400 personnes, pratiquement toutes musulmanes, ont été tuées dans les violences qui ont suivi l’attaque de postes de police par l’ARSA, le 25 août dernier.

La minorité rohingya, qui compte environ un million de personnes concentrées dans les régions pauvres du nord-ouest du Myanmar, est discriminée par les Birmans, qui sont à 90 % bouddhistes.

Apatrides et considérés comme des étrangers, ils n’ont pas accès au marché du travail, aux écoles et aux hôpitaux, et ce, même s’ils sont établis dans le pays depuis des décennies.

Au terme d’une enquête menée par l’ONU sur la situation des Rohingyas au Myanmar, les Nations unies ont dénoncé la « répression généralisée et systématique » que mène l’armée birmane contre cette population musulmane.

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