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Aux portes du Mexique, Donald Trump dénonce les « dangers » de l'immigration illégale

Après avoir critiqué les immigrés mexicains, le candidat à l'investiture républicaine Donald Trump s'est rendu, jeudi, dans le sud du Texas pour répéter qu'il fallait sécuriser la frontière.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Le richissime investisseur est arrivé à Laredo, une ville à 95 % hispanophone, dans son jet privé. 

« Il y a un grand danger avec les clandestins », a-t-il soutenu au cours d'une conférence de presse donnée aux côtés du maire Pedro Ignacio Saenz.

Et, pour mettre un frein à l'immigration illégale, il faudra construire des murs à certains endroits de la frontière, a ajouté le milliardaire.

Lors du lancement de sa campagne, le mois dernier, il avait affirmé que le Mexique envoyait aux États-Unis des délinquants et des violeurs. Ses propos avaient soulevé une vive polémique, emmenant certaines entreprises, dont NBC, à rompre leurs relations d'affaires avec la vedette de téléréalité.

Donald Trump s'est malgré tout dit sûr de recueillir l'appui des hispanophones, vantant sa « relation merveilleuse » avec les membres de cette communauté.

Sa visite de la ville s'est amorcée dans la controverse après que la section locale du syndicat des gardes-frontières, qui devait participer à l'événement, eut fait savoir qu'elle avait « décidé de se retirer de tous les événements impliquant Donald Trump ».

Celui-ci a rapidement riposté par communiqué, concluant que les gardes-frontières avaient été « contraints au silence par des supérieurs à Washington, qui ne veulent pas que les gens sachent à quel point la situation est mauvaise à la frontière ».

Le spectre d'une candidature indépendante

Après avoir brandi la menace de briguer la présidence des États-Unis comme candidat indépendant, Donald Trump a par ailleurs atténué ses propos.

Celui qui domine les intentions de vote auprès des républicains a assuré aux journalistes qu'il voulait remporter l'investiture de la formation, se disant convaincu d'y parvenir.

Dans une entrevue accordée la veille au quotidien The Hill, il avait pourtant évoqué la possibilité de faire campagne à l'extérieur du Parti républicain si les instances de la formation le traitaient injustement. Les membres du Comité national républicain ne l'ont jusqu'ici pas soutenu, a-t-il déploré, ajoutant qu'ils l'avaient pourtant toujours fait quand il était un généreux donateur.

« Tant de gens veulent que je [me présente comme candidat indépendant] si je ne remporte pas » l'investiture républicaine, a-t-il ajouté.

La candidature de Donald Trump comme candidat indépendant pourrait venir brouiller les cartes pour la droite américaine.

Selon un sondage ABC News-Washington Post publié lundi, la démocrate Hillary Clinton triompherait du républicain Jeb Bush advenant leurs victoires respectives aux investitures démocrate et républicaine, avec 50 % des voix contre 44 %.

Une lutte à trois qui inclurait Donald Trump annoncerait cependant une lutte beaucoup moins serrée. La candidate démocrate conserverait tous ses appuis, mais Donald Trump siphonnerait carrément le vote républicain. Il obtiendrait alors 20 % des voix, ne laissant à l'ex-gouverneur de Floride que 30 % des appuis. 

Un tel scénario aurait des airs de déjà-vu pour le Parti républicain. Ironiquement, c'est le père de Jeb Bush, George H. Bush, qui avait fait les frais de la division du vote de droite. À l'élection présidentielle de 1992, le milliardaire Ross Perot avait obtenu18,9 % des voix - un score jamais vu pour un candidat indépendant. Le démocrate Bill Clinton avait devancé son rival républicain avec 43 % des voix contre 37,4 %.

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