Retour

Barack Obama est arrivé au Kenya, pays natal de son père

Barack Obama a foulé le sol kényan pour la première fois depuis qu'il est président des États-Unis. Et c'est par un dîner en famille qu'il a amorcé dans le pays de son père, vendredi, un voyage sous haute sécurité axé sur le commerce et la lutte antiterroriste.

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé en soirée dans la capitale Nairobi, où le chef de la Maison-Blanche a été accueilli par son homologue, Uhuru Kenyatta, lors d'une cérémonie simple et sobre. La demi-soeur du président, Auma Obama, était aussi sur place.

Arrivé à son hôtel, il a mangé avec quelques dizaines de membres de sa famille élargie, dont la matriarche du camp Obama, qu'il appelle « mamie » même s'ils ne partagent pas de liens de sang. C'est elle qui a élevé son père, aujourd'hui décédé.

Le pays africain se prépare depuis longtemps à recevoir celui qu'il appelle « l'enfant du pays », visite longtemps retardée par l'inculpation du président Kenyatta par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. En décembre dernier, le tribunal a cependant abandonné les charges relatives à son inculpation, liée à son rôle présumé dans des violences postélectorales de 2007-2008.

Au cours des dernières semaines, la ferveur autour de cette visite est montée. Alors que la nuit était tombée, des Kényans enthousiastes s'étaient d'ailleurs massés sur une partie du trajet entre l'aéroport et son hôtel, lançant des vivats au passage du cortège présidentiel.

Économie et sécurité au menu

Le président Kenyatta a précisé que le combat contre le terrorisme serait le « thème central » des discussions qu'il aura avec son homologue.

Le groupe islamiste somalien Al-Shabab, affilié à Al-Qaïda, constitue la principale inquiétude de la région en matière de sécurité. Il a mené au Kenya des attaques de grande ampleur, dont la tuerie du centre commercial Westgate, qui a fait 67 morts en 2013, et le massacre à l'Université de Garissa, qui a coûté la vie à 148 personnes, en avril.

Le terrorisme en sol kényan a également endeuillé les Américains eux-mêmes. En 1998, Al-Qaïda avait mené un attentat sanglant contre l'ambassade américaine. Le président Obama rendra d'ailleurs hommage aux 224 victimes, principalement des Kényans, et aux survivants.

L'économie représente le deuxième grand axe de sa visite.

Samedi, le président américain doit participer à une conférence sur l'encouragement à la création d'entreprises sur le continent africain, une initiative qu'il a lui-même lancée il y a six ans.

Le président devrait également profiter de son séjour pour parler avec le président Kenyatta des droits de la personne, notamment de l'épineux sujet du droit des homosexuels. Récemment, le vice-président kényan, William Ruto, a affirmé qu'il n'y avait « pas de place pour les homosexuels au Kenya ».

Dimanche, le président Obama prononcera par ailleurs un discours dans un stade de Nairobi. Son allocution sera diffusée à la télévision et à la radio.

Le président américain s'était rendu au Kenya en 2006 alors qu'il était sénateur.

La sécurité renforcée... et les nids-de-poule rebouchés

Des centaines d'agents du Secret Service, l'agence chargée de la sécurité du chef d'État américain, sont arrivés au Kenya ces dernières semaines.

Le pays a lui-même déployé des efforts titanesques pour s'assurer que rien ne perturbe le séjour de son invité de marque. Plusieurs heures avant son arrivée, la police avait bloqué les grands axes routiers de la ville et interdit le trafic dans les rues de la capitale.

Les autorités disent avoir déployé à Nairobi 10 000 policiers. Des agents, accompagnés de chiens renifleurs, ainsi que des membres de l'armée patrouillent dans la ville.

Un dispositif de sécurité colossal a été mis en place à l'aéroport. L'espace aérien a été fermé pendant près d'une heure à l'arrivée du président Obama, et le sera aussi lors de son départ, dimanche.

L'opérateur de téléphonie mobile Safaricom a averti ses clients que des interruptions de service pourraient survenir pendant que le président se trouvera dans la capitale.

Ces dernières semaines, les autorités de Nairobi ont lancé pour l'occasion une grande campagne d'embellissement : les nids-de-poule ont été rebouchés, les rues balayées, le marquage des routes repeint et de nouveaux trottoirs construits.

Au terme de son séjour au Kenya, Barack Obama se rendra en Éthiopie.

Plus d'articles

Commentaires