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Bill Clinton : l'éléphant dans la campagne d'Hillary

Il est à la fois étonnant et inquiétant de voir Hillary Clinton faire une place aussi importante à son mari dans sa campagne et surtout dans sa future administration. Bill Clinton a beau être encore très populaire, il pourrait aussi rapidement devenir un boulet pour sa conjointe.

Christian Latreille

  Un texte de Christian Latreille

Hillary a déclaré au Kentucky que l'ex-président serait responsable de l'économie si elle remporte l'élection. Elle affirme que son mari sait comment créer des emplois. Et qu'il a fait un travail remarquable comme président. Vrai, mais elle connaît pourtant aussi les risques énormes associés à voir le conjoint d'un président occuper des fonctions officielles.

Mme Clinton a elle-même beaucoup souffert lorsque Bill Clinton lui a confié la réforme de la santé lors de son premier mandat au début des années 90. Ce fut un échec retentissant. La réforme n'a jamais vu le jour. Et c'est sans compter les tensions provoquées à la Maison-Blanche par le rôle de la femme du président.

Après ce désastre, Hillary a dû battre en retraite et se retrancher dans un rôle de première dame beaucoup plus traditionnel. Une défaite amère qu'elle n'a jamais oubliée. Elle aurait dû apprendre qu'il est très mal vu de mélanger ménage et boulot au 1600 Pensylvania Avenue.

Alors, pourquoi offrir la responsabilité de l'économie à son mari, et ce, même si Bill Clinton est un des politiciens les plus talentueux de sa génération? Difficile de comprendre comment une femme aussi qualifiée, et qui a lutté toute sa vie pour l'indépendance des femmes, doive s'appuyer sur son conjoint dans un dossier aussi central.

Hillary Clinton n'a pas besoin de son mari à la Maison-Blanche. En tout cas, pas dans une fonction névralgique. La présence de l'ex-président au cabinet ou ailleurs viendrait fausser les relations déjà difficiles à gérer entre les membres d'une administration publique. Comment être à l'aise et donner son opinion lorsqu'un ancien président, de surcroît mari de la présidente, assiste aux réunions?

Certes, Bill sera très utile comme conseiller auprès d'Hillary. Qui pourrait se passer des conseils d'un homme qui a vécu huit ans à la Maison-Blanche? Mais de là à en faire un membre en bonne et due forme de son administration, il y a un pas qu'elle ne devrait pas franchir, d'autant que l'ex-secrétaire d'État prête flanc aux critiques des républicains, qui se feront un plaisir de lui rappeler que les Américains n'ont surtout pas besoin de deux Clinton pour diriger le pays.

Et surtout, pourquoi Hillary Clinton a-t-elle choisi d'annoncer ça en pleine campagne, pendant que Donald Trump tire à boulets rouges sur Bill Clinton, faisant référence presque quotidiennement à ses infidélités à l'époque où il dirigeait le pays. L'ex-président, malgré son charisme et son talent, pourrait nuire à l'élection de sa femme. Sa campagne à l'investiture est déjà suffisamment difficile.

Hillary Clinton est une femme très compétente et a toute la connaissance et l'expérience nécessaires pour devenir la première femme présidente des États-Unis. Elle n'a surtout pas besoin de donner l'impression de devoir compter sur son mari pour gagner cette élection et pour la suite des choses.

Mme Clinton doit se définir par elle-même et aussi cesser de constamment faire référence à Barack Obama et à l'importance de poursuivre ce qu'il a accompli durant sa présidence. Encore là, elle donne l'impression de s'appuyer sur un autre président pour définir son programme et son avenir. Beaucoup d'Américains commencent à se demander qui est véritablement Hillary Clinton.

Il se passe d'autres choses inquiétantes dans la campagne de Mme Clinton. Les deux derniers sondages nationaux (Fox New et Rasmussen reports) donnent 3 et 5 points d'avance au candidat républicain Donald Trump. Elle menait pourtant par 11 points, la semaine dernière. C'est la première fois que Trump dépasse Clinton dans des sondages nationaux. Et ce n'est certainement pas en remettant au premier plan son mari qu'elle augmentera son capital de sympathie auprès des électeurs et des électrices.

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