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Bombardements russes à Alep : l'UE évoque des crimes de guerre

L'Union européenne (UE) a condamné lundi les frappes aériennes russes en Syrie, qui pourraient constituer, selon elle, des crimes de guerre.

Ces attaques aériennes qui ciblent délibérément hôpitaux, personnel médical, écoles et infrastructures vitales, ainsi que l'usage de bidons d'explosifs, de bombes à sous-munitions et d'armes chimiques, constituent une escalade catastrophique du conflit, ont affirmé, dans un communiqué, les ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'UE.

Pour les 28, qui souhaitent la saisine de la Cour pénale internationale (CPI), les bombardements aériens de l'aviation russe sur Alep-Est sont clairement disproportionnés et pourraient être considérés comme des crimes de guerre.

Pour contraindre la Russie à arrêter les bombardements, certains pays demandent des sanctions.

Pas de consensus sur les sanctions contre la Russie

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, « la pression sur la Russie doit être forte ».

Le chef de la diplomatie française exige même des sanctions contre les autorités russes (interdictions de séjour, gels d'avoirs...). Si la France et la Grande-Bretagne sont d'accord, les plus proches alliés européens de Moscou, soit la Grèce, Chypre et la Hongrie, sont réticents.

L'Autriche, point de transit pour l'acheminement du gaz russe vers l'Europe de l'Ouest, a également fait part lundi de son opposition au projet de sanctions. « Mettre en place des sanctions supplémentaires contre la Russie [allusion aux sanctions décidées par l'UE à la suite de l'annexion de la Crimée] serait une mauvaise chose », a dit à la presse le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz.

L'Allemagne, qui ne souhaite pas accentuer les tensions, se montre quant à elle hésitante.

La Russie annonce une suspension des bombardements

Le ministère russe de la Défense a annoncé lundi une « pause humanitaire » de huit heures pour jeudi à Alep, afin de permettre aux rebelles et à la population civile de quitter la ville.

Une initiative qualifiée d'« étape positive » par la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, qui, toutefois, la juge insuffisante pour livrer l'aide humanitaire aux civils.

Alep est aujourd'hui une ville dévastée par des bombardements incessants et de violents combats menés par les forces du régime de Bachar Al-Assad, qui entendent conquérir la partie de la ville leur échappant depuis quatre ans.

Les avions russes et syriens mènent quotidiennement des frappes sur Alep pour appuyer l'offensive majeure des forces du régime, lancée le 22 septembre, afin de s'emparer des quartiers rebelles.

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