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Brésil : au tour des partisans de Rousseff de manifester, Lula en tête

Malgré un nouveau revers judiciaire, l'ex-président brésilien Luiz Inacio « Lula » da Silva devrait mener jeudi un cortège de manifestations, dont celle qui se tiendra dans la capitale, Brasilia, en appui à sa successeure, Dilma Rousseff, menacée de destitution.

Les manifestations de jeudi sont prévues dans 31 villes du Brésil pour soutenir la présidente Rousseff et le Parti des travailleurs. Ses partisans espèrent convaincre les députés hésitants de ne pas provoquer sa chute.

La présidence brésilienne est non seulement secouée par la pire crise économique du pays depuis 25 ans, mais surtout éclaboussée par le scandale de corruption Petrobras, dans lequel Lula, le mentor de Rousseff, est soupçonné de « corruption » et de « blanchiment d'argent ».

D'ailleurs, le Tribunal suprême fédéral a déchargé jeudi le juge fédéral Sergio Moro du volet de son enquête sur cette affaire. Lors d'un vote à la majorité de ses membres, la plus haute juridiction brésilienne a décidé d'enquêter elle-même sur les soupçons à l'endroit de l'ex-dirigeant brésilien Lula et doit statuer, au début du mois d'avril, sur la légalité de sa nomination controversée au gouvernement.

Même si la nomination de Lula a été suspendue, le Tribunal suprême fédéral pourra faire progresser l'enquête, puisque les ministres et parlementaires brésiliens ne jouissent d'aucune immunité à ce niveau juridique.

Destitution en vue

Mercredi, Dilma Rousseff a encaissé un coup dur, soit le départ du principal allié de sa coalition gouvernementale, le parti PMDB du vice-président Michel Temer, ce qu'elle a qualifié de « coup d'État ». En réaction, Lula da Silva a lancé l'appel à manifester sur Facebook.

Les deux camps tentent désormais de rallier les députés à leur cause d'ici le vote sur la destitution de Dilma Rousseff, prévu pour le mois prochain.

L'opposition doit compter sur l'appui des deux tiers des députés pour que l'affaire se rende devant le Sénat et qu'il se prononce sur une éventuelle destitution. Quant aux partisans de la dirigeante brésilienne de gauche, ils misent tout autant sur l'abstention de certains députés pour qu'elle puisse rester en poste.

Remaniement ministériel d'ici la fin de la semaine?

Le chef de cabinet Jaques Wagner estime pour sa part qu'un remaniement ministériel pourrait être organisé dès vendredi afin de remplacer les récents ministres à avoir quitté le bateau. Les ministres du Tourisme et des Sports ont tous deux remis leur démission cette semaine à la suite du départ de leur parti.

Six portefeuilles ministériels supplémentaires pourraient également être en jeu, un argument que Dilma Rousseff pourrait mettre de l'avant pour convaincre certains députés hésitant de la soutenir.

L'opposition de droite tente plutôt de séduire les députés avec des postes qui se libéraient lors de la création d'un prochain gouvernement de transition, dirigé par Michel Temer. Le gouvernement de Dilma Rousseff affiche d'ailleurs le pire taux d'approbation depuis 25 ans, selon un sondage de l'institut Ibope.

Considérant l'ampleur du problème, la présidente brésilienne a même préféré annuler sa participation, jeudi et vendredi, à un sommet sur la sécurité nucléaire aux États-Unis.

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