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Brésil : jour crucial pour la présidente Rousseff avec le vote des députés

La chambre basse du Congrès du Brésil doit procéder ce dimanche à un vote susceptible de déboucher sur une destitution de la présidente Dilma Rousseff, éclaboussée par une vaste affaire de corruption.

Cette crise politique, qui divise le Brésil depuis des mois sur fond de soupçons de corruption, s'est peu à peu muée en un conflit ouvert entre la présidente et son vice-président, le centriste Michel Temer, membre du PMDB (Parti du mouvement démocratique brésilien), qui lui succéderait si elle était destituée.

Dilma Rousseff s'est lancée samedi dans des tractations de la dernière chance avec les députés de son camp pour tenter de s'assurer leur soutien à la veille du vote. La présidente a annulé son intervention à une réunion anti-destitution pour aller rencontrer, à huis clos, une partie des députés appelés à se prononcer ce dimanche pour ou contre sa destitution au motif qu'elle aurait enfreint les règles budgétaires en vigueur en maquillant les comptes publics pour faciliter sa réélection en 2014.

Ces discussions suggèrent que le vote de dimanche pourrait être plus serré qu'attendu initialement. On estime que Dilma Rousseff doit trouver 20 voix en sa faveur pour empêcher la destitution de réunir la majorité des deux tiers à la chambre basse, qui compte 513 sièges.

Lula à la défense de Rousseff

Un conseiller de Michel Temer a déclaré que Rousseff, soutenue par son prédécesseur Luis Iñacio Lula da Silva, qui reste l'homme politique le plus influent du pays, était parvenue à faire changer de camp une « poignée » de députés, mais pas assez pour faire pencher la balance en sa faveur.

Lula a été samedi à la manoeuvre pour tenter d'obtenir que Rousseff, du même bord politique que lui, se maintienne au pouvoir, réunissant les gouverneurs de plusieurs États afin qu'ils fassent pression sur les députés.

« L'engagement des gouverneurs s'avère décisif », a déclaré Paulo Teixeira, l'un des chefs de file à la chambre basse du Parti des travailleurs (PT), la formation de Rousseff et de Lula.

Des milliers de policiers devaient se déployer ce dimanche dans la capitale, Brasilia, et dans les mégapoles que sont Sao Paulo et Rio de Janeiro, où l'on attendait des rassemblements rivaux de plusieurs centaines de milliers de partisans et d'opposants à la destitution.

Une majorité de Brésiliens pour la destitution

Selon les sondages, plus de 60 % des Brésiliens sont partisans d'une destitution de la présidente.

Dans une vidéo et une tribune publiée dans la presse, Dilma Rousseff, première femme à diriger le plus grand pays d'Amérique latine, a de nouveau nié avoir commis des actes justifiant sa destitution, présentant la procédure visant à la chasser du pouvoir comme « la plus grosse fraude juridique et politique » de l'histoire du Brésil.

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