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Brésil : la parole à la défense au procès de Dilma Rousseff 

La défense de la présidente Dilma Roussef sera entendue vendredi alors que six témoins prendront la parole au deuxième jour d'un procès en destitution dont l'issue semble connue d'avance.

Les témoignages d'anciens ministres sont attendus. Parmi eux, les ministres de l'Économie, Nelson Barbosa, et de l'Éducation, Luiz Costa. Des experts en droit et en économie prendront également la parole.

Le verdict est attendu d'ici le 31 août, mais une large avance en faveur de la destitution se dessine, alors que l'appui des deux tiers des parlementaires est nécessaire, ce qui représente 54 sur 81 d'entre eux.

Un climat tendu

La première session du procès devant le Sénat s'est déroulée dans un climat tendu pendant plus d'une dizaine d'heures, jeudi, avec l'audition de deux témoins de l'accusation.

Des sénateurs de gauche ont dénoncé ce qui leur semble être « un tribunal d'exception » et « un procès sans fondement juridique », mais les questions qu'ils ont soulevées ont toutes été rejetées.

Le président du Tribunal suprême fédéral, Ricardo Lewandowski, a appelé les sénateurs chargés du rôle de juges, à « mettre de côté leurs positions idéologiques et partisanes » pour l'occasion.

La population peu impliquée

L'événement n'a pas soulevé de manifestation jeudi, contrairement à ce que prévoyaient les autorités qui avaient installé des barricades devant le Parlement.

Dilma Rousseff a été suspendue le 12 mai dernier. La présidente de la première économie d'Amérique latine est accusée de maquillage des comptes publics et de la signature de décrets engageant des dépenses sans l'accord du Parlement.

Sous la direction du président de la Cour suprême, une séance plénière de 81 sénateurs décidera du sort de la femme de 68 ans.

Au moins la moitié des 81 sénateurs qui jugeront Dilma Rousseff sont, par ailleurs, soupçonnés de corruption ou font l'objet d'une enquête.

Lundi, l'ex-guérillera, qui a été emprisonnée et torturée sous la dictature militaire, apparaîtra devant les sénateurs qui écouteront ses arguments de défense. Le vote final devrait avoir lieu dans la nuit de mardi à mercredi et le verdict devrait être rendu le 31 août.

Ses adversaires se disent persuadés d'obtenir plus de suffrages que les 54 voix nécessaires pour la condamner.

Sa destitution viendrait interrompre le règne de 13 années consécutives du Parti des travailleurs (PT), fondé par Luiz Inacio Lula da Silva et connu pour avoir sorti près de 40 millions d'habitants de la misère grâce à ses programmes sociaux.

La dirigeante soutient être victime d'un complot orchestré, entre autres, par le vice-président Michel Temer.

Si elle est destituée, Dilma Rousseff ne pourra plus occuper de fonctions publiques pendant huit ans et sera remplacée jusqu'à la fin de son mandat en 2018 par Temer, qui assure l'intérim en ce moment.

Un contexte économique difficile

Le pays a vécu quatre années de piètre croissance économique jusqu'à la récession de 2015.

Le déficit budgétaire de 45 milliards de dollars, mêlé à de graves scandales de corruption, a ébranlé la confiance du public.

Le scandale de corruption du géant pétrolier Petrobas, auquel ont été mêlés le Parti des travailleurs et l'ancien président de la République, a aggravé la crise politique déjà en cours. Luiz Inacio Lula da Silva est soupçonné de tentative d'entrave à la justice.

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