Retour

Brésil : visée par d'autres allégations, Rousseff veut un « grand pacte »

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, menacée de destitution, a lancé jeudi un appel à un « grand pacte » pour sortir son pays de l'impasse, au moment où un reportage lie encore davantage son financement politique à des pots-de-vin.

Selon le quotidien Folha, un ancien dirigeant du secteur du bâtiment et des travaux publics a affirmé que des millions de dollars en pots-de-vin provenant de la pétrolière Petrobras se sont retrouvés dans les campagnes présidentielles de Mme Rousseff, élue en 2010 puis réélue en 2014.

D'après l'article, Otavio Marques Asevedo, ancien PDG d'Adrade Gutierrez, a fait ces déclarations en février dernier à des enquêteurs affectés au scandale de corruption Petrobras. L'ex-chef d'entreprise, qui avait été arrêté en juin 2015, aurait expliqué que des dons légaux versés aux campagnes de Mme Rousseff émanaient en fait de pots-de-vin associés au groupe pétrolier, par l'entremise de surfacturations.

La présidente Rousseff, dans une allocution télévisée, a affirmé que le « Brésil a besoin d'un grand pacte et a déjà surmonté des moments difficiles en faisant des pactes ». Une telle entente commence avec le respect du vote populaire et une « indispensable réforme politique », a soutenu la dirigeante de gauche, en rappelant qu'elle avait été réélue par 54 millions d'électeurs.

« Nous vivons des moments bizarres. Un moment où la claire, l'évidente absence de justifications juridiques et légales pour la destitution doit faire savoir à ceux qui tentent de promouvoir un coup d'État au Brésil qu'ils soumettront le pays à des risques immenses », a ajouté la chef d'État.

Son principal rival éclaboussé de nouveau lui aussi

Par ailleurs, devant un comité parlementaire, jeudi, un cambiste du marché noir a mis dans l'eau chaude le président de la chambre des députés, acteur au premier plan du processus de destitution.

Leonardo Meirelles a affirmé devant le comité sur l'éthique qu'il avait converti 5,1 millions de dollars de dépôts bancaires à l'étranger en reaux brésiliens, puis a transféré le tout à son associé qui lui aurait dit que c'était pour Eduardo Cunha.

M. Cunha est lui-même accusé de blanchiment d'argent à la suite de l'enquête Paribas. Il nie toute malversation.

Votes importants dès lundi

Mercredi, l'enquêteur extraordinaire chargé de présenter un rapport non contraignant sur la procédure de destitution a recommandé que celle-ci aille de l'avant. Ce serait alors au Sénat de décider de la tenue d'un procès en destitution.

La commission doit déterminer par vote lundi si elle adopte les recommandations. Mais même si elles sont rejetées, le processus de destitution fera l'objet d'un vote à la chambre des députés. Ce vote est attendu plus tard ce mois-ci.

Mme Rousseff et son vice-président Michel Temer font l'objet d'une enquête du Tribunal supérieur électoral (TSE) concernant le financement de leur campagne de réélection. S'ils étaient reconnus coupables, ils seraient obligés quitter le pouvoir, ce qui donnerait lieu à des élections anticipées.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine