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Brexit : « Nous cherchons un partenariat nouveau et équitable » - Theresa May

Près de sept mois après le vote historique des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne (UE), la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'elle préconisait une sortie « claire et nette » de l'UE tout en souhaitant procéder par étape pour éviter un choc trop brutal.

La première ministre May a ainsi exposé sa vision du Brexit au cours d'un discours prononcé à Lancaster House, à Londres, devant les 27 ambassadeurs des autres pays membres de l'UE.

Theresa May entend activer d'ici la fin de mars l'article 50 du traité européen de Lisbonne qui déclenche le processus de sortie de l'UE et ouvre une période de négociations de deux années.

La sortie du marché unique européen et le contrôle des frontières nationales britanniques constituent les deux grandes priorités de la première ministre. Cette dernière a soutenu que le maintien du pays dans le marché unique européen était incompatible avec la grande priorité britannique de contrôler l’immigration européenne sur son territoire.

Ce contrôle de l'immigration sonne le glas du principe de libre circulation des travailleurs européens dans l’ensemble du territoire couvert par l’UE.

Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant, mais le message du peuple a été très clair : le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d'Européens qui viennent au Royaume-Uni.

La première ministre britannique Theresa May

Le contrôle de l’immigration est le thème que de nombreux eurosceptiques ont soulevé comme principale motivation de leur vote en faveur du Brexit.

La première ministre souhaite toutefois trouver un moyen de remplacer l'ancienne structure européenne. « Nous cherchons un partenariat nouveau et équitable entre un Royaume-Uni indépendant, qui se prend en main, et nos amis et alliés de l'Union européenne », a-t-elle poursuivi.

« Pas d'appartenance partielle à l'Union européenne, pas de membre associé de l'UE, rien qui nous laisse à moitié dehors », à moitié dedans, a affirmé la première ministre May. « Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d'autres pays. »

La première ministre entend par ailleurs garantir au plus vite les droits des ressortissants de l'UE vivant en Grande-Bretagne et les droits des ressortissants britanniques vivant dans l'UE.

Londres veut pouvoir conclure ses propres accords commerciaux

« Je ne veux pas que le Royaume-Uni soit membre de la politique commerciale commune [de l'UE] et je ne veux pas que nous soyons liés aux tarifs extérieurs communs, ce sont des éléments de l'union douanière qui nous empêcheraient de conclure nos propres accords commerciaux avec d'autres pays, a affirmé Mme May. Mais je veux que nous ayons un accord douanier avec l'UE. »

« Que ce soit un accord douanier complètement nouveau, que nous devenions membre associé de l'union douanière d'une certaine manière, ou que nous restions signataires de certains de ses aspects, je n'ai pas d'a priori », a indiqué Mme May précisant garder « l’esprit ouvert » à ce sujet.

L’objectif de Mme May est « d'enlever autant de barrières que possible au commerce ». Elle souhaite ainsi conclure « un accord de libre-échange large et ambitieux avec l'Union européenne » permettant au Royaume-Uni d’avoir le meilleur accès possible au marché européen.

En 2015, 44 % des exportations britanniques ont été réalisées en Europe.

« Je veux que le Royaume-Uni soit en mesure de fixer son propre objectif tarifaire à l'OMC, ce qui signifie que nous pourrions conclure des accords de libre-échange non seulement avec l'UE, mais aussi avec nos amis et alliés hors d'Europe », a-t-elle poursuivi.

La réconciliation

La première ministre May a également mis l’Europe en garde contre la tentative d’imposer un accord punitif au Royaume-Uni. « Je dois être claire, les Britanniques veulent demeurer de bons amis et voisins de l’Europe », a-t-elle déclaré.

Des voix s’élèvent pour réclamer un accord punitif, qui sanctionnerait le Royaume-Uni et découragerait d’autres pays d’emprunter cette voie. Ce serait un geste catastrophique et autodestructeur pour les pays d’Europe et ce ne serait pas un geste amical.

La première ministre britannique Theresa May

Le Royaume-Uni refuserait un tel accord, selon Mme May, tout en réitérant sa conviction que les partis sauront trouver une issue positive au Brexit.

L'animosité de certains des 27 autres membres de l’UE peut s’expliquer en partie par le choc budgétaire que provoque le Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’UE entraîne un manque à gagner de 14 milliards de dollars (10 milliards d’euros) par année, selon une étude de l’Institut Jacques Delors, un groupe de recherche européen.

Le montant du déficit évoqué par l’Institut correspond à la contribution nette des Britanniques au budget de l’UE « qui s’élève à 14 milliards de dollars (10 milliards d’euros) en moyenne au cours des cinq dernières années ».

Theresa May insiste sur la construction d’un Royaume-Uni « ouvert sur le monde », souhaitant conclure des accords commerciaux avec les pays du Commonwealth, les géants asiatiques et les États-Unis.

Mme May a, en ce sens, reçu l’appui du prochain président américain Donald Trump, qui déclarait, il y a quelques jours, vouloir conclure « très rapidement » un accord commercial avec le Royaume-Uni.

L’enthousiasme de M. Trump n’est toutefois pas partagé par la chancelière allemande, Angela Merkel, qui risque de se montrer plus intransigeante dans les négociations entourant le Brexit. Cette dernière s’est d’ores et déjà prononcée contre une « Europe à la carte ».

Le défi de Mme May sera d’unir un pays divisé depuis le référendum du 23 juin 2016 qui, grâce au vote de 52 % d’eurosceptiques, a constitué le premier pas vers une sortie de l’UE. Dans son discours, Mme May doit appeler ses concitoyens à « mettre de côté les vieilles divisions et s'unir pour faire du Brexit un succès ».

L'accord final sera soumis au Parlement britannique.

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