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Brexit : ouverture des négociations entre l’UE et le Royaume-Uni

Au terme d'une première journée de pourparlers sur le Brexit consacré au calendrier des négociations, le ministre britannique du Brexit, David Davis, annonce que Theresa May va présenter aux dirigeants de l'UE une offre sur les droits des citoyens européens qui vivent en sol britannique.

Les représentants de l'Union européenne et de Londres se sont entendus sur les priorités et le calendrier des négociations qui doivent conduire à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

La rencontre, qui avait lieu à Bruxelles, était officiellement la première session de travail entre les négociateurs des deux parties.

Le début de ces négociations historiques survient près d’un an après le référendum où une majorité de Britanniques se sont prononcés en faveur d’une sortie de leur pays de l’UE. Un vote qui avait provoqué une onde de choc sur le continent européen.

Depuis, Theresa May a succédé à David Cameron à la tête d’un gouvernement britannique affaibli et minoritaire alors que de longues et complexes tractations s’amorcent entre Londres et Bruxelles.

Lors d’une conférence de presse commune, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a expliqué que la question la plus urgente, celle qui porte sur les droits des ressortissants de l'UE installés au Royaume-Uni et les Britanniques qui résident sur le territoire de l'UE, sera abordée par la première ministre britannique Theresa May au cours du sommet européen cette fin de semaine, à Bruxelles.

Theresa May promet une offre à ses homologues de l'UE

Le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis a poursuivi en annonçant que Theresa May profitera de l’occasion pour faire une offre au pays de l’Union européenne.

Pour ce qui est du calendrier des négociations, les pourparlers s'organiseront en sessions qui auront lieu une fois par mois, entre le 17 juillet et le 9 octobre prochains, selon les premières dates choisies.

On a aussi formé des comités d’experts issus des deux parties pour traiter les dossiers les plus pressants soit les droits des citoyens, l'accord financier, et d'autres « questions nées de la séparation », a déclaré Michel Barnier.

En ce qui a trait à la question délicate de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, elle a été placée directement sous l'autorité de deux proches collaborateurs de MM. Barnier et Davis.

Les priorités seront toutes discutées lors de chaque tour de négociations. Les langues de négociations seront l'anglais et le français, ont convenu les parties.

D'abord établir un calendrier

À l'ouverture de la rencontre, lundi matin, la délégation européenne était fébrile. « Notre objectif est clair : nous devons d'abord nous attaquer aux incertitudes créées par le Brexit », a déclaré Michel Barnier. « J'espère qu'aujourd'hui nous pourrons définir des priorités et un calendrier », a-t-il poursuivi.

Dans les rangs britanniques, David Davis s’était quant à lui dit « déterminé à bâtir un partenariat fort et spécial » avec l’UE au cours d’une brève entrevue à la presse.

Au Luxembourg, le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, fervent promoteur du Brexit, a lui aussi plaidé en faveur d’un partenariat « profond et spécial ».

Deux ans pour régler le divorce

Malgré l’importance des enjeux de cette négociation, les parties ne disposent pas de beaucoup de temps pour parvenir à un accord, un peu plus d’un an, à vrai dire.

Selon Michel Barnier, les pourparlers devront être bouclés autour d'octobre 2018, pour laisser le temps ensuite aux Parlements européen et britannique de ratifier l'accord du retrait, prévu pour fin mars 2019.

Ce délai de deux ans est plutôt court pour régler un départ précipité après 40 années passées au sein de l’UE; les négociateurs ne chômeront pas.

La guerre des priorités

Côté stratégie, les premières rencontres seront consacrées à l’organisation pratique des négociations en vue d’un « retrait en bon ordre » du Royaume-Uni dans les délais prévus.

De son côté, l’UE tentera de régler en priorité le sort des expatriés européens au Royaume-Uni et des Britanniques dans l'UE, l'avenir de la frontière irlandaise et le « règlement financier » des engagements de Londres envers l'UE, évalué jusqu'à 100 milliards d'euros.

Les Britanniques, quant à eux, prévoient aborder rapidement la définition des relations futures de leur pays avec l’UE de façon à régler les dossiers individuels ensuite.

Une avenue que refuse d’emprunter l’UE qui désire enregistrer des « progrès suffisants » sur ses trois dossiers prioritaires avant de parler d’avenir avec les Britanniques.

Instabilité politique et sécuritaire au Royaume-Uni

À Londres, le début de ces importantes négociations avec l’UE survient dans une période d’insécurité intérieure à la suite d’un nouvel attentat commis dimanche par un homme au volant d’un camion qui a foncé sur des musulmans à la sortie d’une mosquée de Londres. Il s’agit du quatrième attentat commis dans le pays ce printemps.

La première ministre Theresa May, qui a récemment perdu la majorité de son parti au Parlement à la suite d’élections qu’elle avait elle-même déclenchées, est aussi critiquée pour sa gestion de crise lors du gigantesque incendie de la tour Grenfell qui a fait au moins 79 morts la semaine dernière.

Cette instabilité à la tête du gouvernement britannique inquiète par ailleurs les représentants européens qui redoutent que Mme May soit chassée du pouvoir ou tout simplement qu’un interlocuteur affaibli conduise à un mauvais accord.

Theresa May doit rencontrer ses homologues de l’UE jeudi et vendredi, à Bruxelles, pour faire le point sur la situation.

Selon l’Agence France Presse, la première ministre britannique serait sur le point de faire « une offre généreuse » aux membres de l’UE concernant le sort des trois millions de ressortissants européens installés au Royaume-Uni.

Mais, selon l’AFP, on lui aurait conseillé de reporter cette annonce pour éviter de perturber les négociations avec une offre qui ne serait pas aussi généreuse que ce qui a été annoncé.

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