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Cambridge Analytica ferme ses portes et déclare faillite

L'entreprise d'analyse de données Cambridge Analytica a annoncé mercredi après-midi qu'elle déclarait faillite et cessait « immédiatement toutes ses opérations ». Elle avait notamment accédé aux données de 87 millions d'utilisateurs du réseau social Facebook à leur insu, dont environ 622 000 Canadiens.

L'entreprise était à la source d’un scandale de divulgation de données provenant de Facebook, utilisées pour bâtir un programme informatique permettant de prédire et d’influencer le choix des électeurs américains pour la présidentielle de 2016.Selon le Wall Street Journal, la décision a été prise en raison de la perte de nombreux clients depuis le scandale et des frais juridiques de plus en plus élevés dans l'enquête sur Facebook. La société mère de Cambridge Analytica, SCL Elections, ferme ses portes également.

« La couverture médiatique a chassé pratiquement tous les clients et fournisseurs de la société », a indiqué l'entreprise dans un communiqué.

À la suite du scandale, Facebook avait annoncé avoir resserré le contrôle des données confidentielles.

En mars dernier, la firme avait déjà relevé de ses fonctions son directeur exécutif, Alexander Nix.

La mise en faillite de l'entreprise n'empêchera pas la justice britannique d'enquêter.

Cambridge Analytica a déclaré s'être engagée à collaborer à l'enquête britannique au sujet de Facebook et de la façon dont le réseau social utilise les données de ses utilisateurs. Mais la commissaire britannique à l'information, Elizabeth Denham, a indiqué en mars que Cambridge Analytica n'avait pas respecté un échéancier pour fournir certaines informations qui lui étaient demandées.Plus tôt dans la journée de mercredi, Chris Vickery, un expert en cybersécurité, a présenté des preuves au Parlement britannique qui indiquent qu'il existerait un lien entre Cambridge Analytica et AggregateIQ, une entreprise canadienne d'analyse de données, à qui Facebook a aussi interdit d'utiliser sa plateforme.

Il a avancé qu'AggregateIQ avait travaillé avec des groupes variés pro-Brexit durant la campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. L'entreprise a démenti avoir un lien avec Cambridge Analytica, ou sa société mère SCL, ou encore avoir obtenu frauduleusement des données de Facebook.

De possibles liens avec la Russie

Cambridge Analytica a été créée en 2013 avec l'apport de 15 millions de dollars du donateur républicain Robert Mercer. Selon le New York Times, le nom de l’entreprise a été choisi par l’ex-conseiller à la Maison-Blanche Steve Bannon. Ce dernier est également un ancien vice-président de la firme. Elle a été connue pour son travail avec l’équipe de Donald Trump. La société a aussi travaillé avec d’autres candidats républicains, comme Ted Cruz ou Ben Carson.

Le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les soupçons de collusion entre les autorités russes et les membres de la campagne de Donald Trump, a demandé à M. Bannon de fournir des documents internes sur la façon dont ces données et analyses ont été utilisées dans la campagne de l'actuel président. M. Mueller veut savoir si le renseignement russe a utilisé les données de Cambridge Analytica pour l'aider à cibler les anti-Hillary Clinton et les pro-Trump.

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