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Cameron dénonce les « mensonges » des partisans du Brexit

Le premier ministre britannique, David Cameron, demeure convaincu que le camp du maintien au sein de l'Union européenne (UE) remportera le référendum du 23 juin prochain, malgré une succession de sondages donnant l'avantage au camp du Brexit. Les Britanniques doivent choisir, lors de ce scrutin, entre demeurer au sein de l'UE ou en sortir (Brexit).

« Pas du tout. Je ne suis pas inquiet, a déclaré le premier ministre britannique. Ce qui me préoccupe, c'est que certains disent des choses qui ne sont pas vraies. »

M. Cameron, qui dénonce les « mensonges » de ses adversaires, a notamment démenti que le Royaume-Uni serait un jour contraint de venir en aide à des pays de l'UE en manque de liquidités. « Il est primordial de dire aux gens : ''Ne prenez pas la décision de quitter l'UE et d'affaiblir notre économie sur la foi des fausses informations que l'on vous donne'' », a déclaré le premier ministre.

L'un des problèmes de M. Cameron réside dans le fait que l'adversité provient de l'intérieur de son propre parti. Ses principaux adversaires sont issus du Parti conservateur. L'ancien maire de Londres Boris Johnson - qui aurait des visées sur le poste de M. Cameron à la tête du Parti conservateur - et son ministre de la Justice, Michael Gove, sont parmi ses plus importants adversaires dans la lutte référendaire.

D'autres ministres de son propre gouvernement font également campagne dans le camp du Brexit.

« Cette organisation [l'UE] peut parfois être très agaçante, a reconnu le premier ministre. Il arrive qu'elle me rende fou. Mais cela ne doit pas nous rendre fous au point de faire des erreurs factuelles sur ce que nous risquons. »

L'OMC brandit l'épouvantail économique

Le premier ministre Cameron a reçu un coup de pouce du directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevedo, qui a déclaré que les exportateurs britanniques risqueraient de payer 7,2 milliards d'euros supplémentaires par année en droits de douane si le pays quittait l'UE.

Dans un discours obtenu par l'AFP et qu'il doit prononcer à Londres, M. Azevedo souligne que le Royaume-Uni devra négocier de nouveaux accords commerciaux avec l'UE ainsi qu'avec les 58 pays liés au bloc continental par un accord de libre-échange si le Brexit l'emporte.

« Cela entraînerait probablement des négociations, avance M. Azevedo. Dans l'intervalle, le commerce continuerait, mais dans des termes peut-être plus mauvais. Il est très probable qu'il coûterait plus cher au Royaume-Uni de commercer avec les mêmes marchés. »

La mise en garde de M. Azevedo intervient à 16 jours du référendum sur le maintien ou non du pays dans l'UE.

Les droits de douane risqueraient effectivement d'augmenter pour les exportations de biens fabriqués au Royaume-Uni et destinés à l'un des 27 pays qui resteraient au sein de l'UE ou des 58 autres liés par des ententes de libre-échange avec l'ensemble économique.

Le directeur général de l'OMC avertit les Britanniques que les exportations de services pourraient également leur coûter plus cher et que ces derniers devraient renégocier leur adhésion à son groupe, une adhésion qui est aujourd'hui liée à son appartenance à l'UE. « Les aspects-clés des termes commerciaux de l'adhésion de l'UE [à l'OMC] ne pourraient pas juste être copiés-collés pour le Royaume-Uni, prévient-il dans ce discours. D'importants éléments devraient être négociés ».

« Quand vous devez conclure un accord rapidement alors que l'autre partie peut attendre, vous êtes en position de faiblesse », ajoute-t-il. Le Fonds monétaire international (FMI) et l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) ont également évoqué les turbulences économiques dans lesquelles se retrouveraient les Britanniques s'ils choisissaient le Brexit lors du référendum du 23 juin prochain.

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