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Camps nazis : le premier ministre polonais défend la loi dénoncée par Israël

En Pologne, le premier ministre Mateusz Morawiecki a défendu jeudi soir, dans une allocution retransmise à la télévision, l'adoption d'une nouvelle loi qui suscite l'ire d'Israël.

Le premier ministre a fait valoir que le gouvernement polonais se battait contre l’utilisation d'expressions comme « camps de la mort polonais » pour désigner les camps dirigés par les nazis en Pologne occupée, où des Polonais comme des Juifs ont été tués.

Le premier ministre a invoqué le droit de la Pologne de lutter contre toute tentative de « falsifier l'histoire ».

« Diminuer la responsabilité des auteurs réels [de l'Holocauste, les nazis, NDLR] et l'attribuer à leurs victimes est une des formes les plus abominables de mensonge », a souligné le premier ministre polonais.

Les sénateurs polonais ont approuvé un projet de loi instaurant des peines de prison pour ceux qui laisseraient entendre que la Pologne a été complice de l'Holocauste, ce qui a suscité la préoccupation de Washington et provoqué la colère d'Israël, qui dénonce une « tentative de remettre en cause la vérité historique ».

Pour le parti au pouvoir à Varsovie, le PiS (Droit et justice), cette loi est nécessaire pour protéger la réputation de la Pologne et faire reconnaître que des Polonais non juifs, tout comme des Juifs, ont péri aux mains des nazis.

La loi doit encore être paraphée par le président Andrzej Duda pour entrer en vigueur.

La Pologne a par ailleurs confirmé la mise en place, quelques jours après un entretien avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, d'un comité de dialogue juridique et historique avec Israël.

Une centaine d’artistes, de politiciens et de journalistes polonais ont signé une lettre ouverte appelant au retrait de la loi. Ils estiment qu’elle va trop loin en voulant faire de la Pologne « le seul pays sans reproche en Europe. »

En réaction à la loi polonaise adoptée dans la nuit de mercredi à jeudi, un projet de loi était présenté à la Knesset, le Parlement d'Israël. Il prévoit une peine de cinq ans de prison pour ceux qui « réduisent ou nient le rôle de ceux qui ont aidé les nazis dans les crimes commis contre les Juifs ».

Le Centre Simon Wiesenthal, un groupe juif de défense des droits de la personne, dont le siège social est situé à Los Angeles, a accusé le gouvernement conservateur polonais d'avoir tenté de supprimer la « participation généralisée des Polonais dans la persécution et le meurtre des Juifs pendant l'Holocauste ».

Israël a honoré plus de Polonais que toute autre nation pour avoir sauvé des Juifs pendant la guerre. Néanmoins, les historiens affirment que des Polonais ont aussi contribué à la perte d'un certain nombre de Juifs durant cette même période.

Six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs, ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale.

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