Six mois se sont écoulés depuis les attentats de Paris. La France est encore sous le choc et le gouvernement français a encore prolongé l'état d'urgence, en raison d'une menace considérée comme « toujours très élevée ». C'est donc sous haute surveillance que se déroule le 69e Festival du film de Cannes.

Jean-François Bélanger

  Un texte de Jean-François Bélanger

Les mesures de sécurité sur la Croisette n'ont jamais été aussi élevées. En plus de la police nationale, de l'armée et des 200 policiers municipaux, 400 agents privés ont été embauchés pour contrôler les entrées et sorties aux abords du festival.

« Mesdames, s'il vous plaît, la zone est fermée. On vous demande de la quitter », lance un policier. L'agent en tenue de cérémonie et ganté de blanc est courtois, mais ferme. Les consignes sont strictes : deux heures avant le tapis rouge, la traditionnelle cérémonie de montée des marches, les rues devant le Palais des Festivals sont évacuées.

Seuls sont tolérés les vétérans chasseurs d'autographe, les habitués qui reviennent année après année et qui cadenassent leur chaise ou leur escabeau devant les marches pour tenter d'apercevoir ou de photographier les stars. Mais leurs sacs sont désormais tous inspectés.

Beaucoup a changé depuis l'an dernier. Tirant les leçons de l'attaque du Bataclan, les policiers ont entièrement revu le plan de sécurité à Cannes. Le nombre de voitures pouvant accéder jusqu'au tapis rouge a été fortement réduit. Beaucoup de VIP doivent faire les derniers mètres à pied... et se soumettre à une fouille systématique à bonne distance du palais afin de donner le temps aux policiers de réagir en cas de besoin.

La police de Cannes a reçu des renforts de tout le pays; des équipes de recherche d'explosif et des militaires armés de fusils mitrailleurs quadrillent la zone, bien en évidence. Le commissaire l'avoue, la stratégie est celle de la dissuasion : être très visible pour décourager tout passage à l'acte.

Mais un compromis a dû être trouvé car les organisateurs du Festival et les élus de la ville tenaient à ce que la fête reste la fête. Il était très important que les touristes puissent continuer de circuler le plus librement possible sans avoir l'impression d'être dans une cité assiégée, selon Yann-Vari Lecuyer, directeur général adjoint chargé des risques terroristes à la Ville de Cannes.

Anita Adams, de Vancouver, qui en est à sa deuxième présence à Cannes, s'avoue un peu troublée en voyant les policiers lourdement armés.

Beaucoup de mesures de sécurité sont donc transparentes pour les festivaliers. Ainsi, beaucoup de policiers en civil sont désormais infiltrés dans la foule, chargés de repérer les comportements suspects.

Les 500 caméras de vidéosurveillance, le réseau le plus dense de France, sont scrutées à la loupe. Et le RAID, l'unité d'intervention de la police nationale, est sur place, prêt à intervenir en cas de besoin.

Les policiers d'élite se sont même entraînés en conditions réelles sur les lieux mêmes du festival trois semaines avant son ouverture. La simulation d'attaque par un groupe terroriste prenait place sur les marches du palais et regroupait tous les corps de police et services de secours afin de mieux coordonner leur action.

Six mois après l'attentat du Bataclan, Julia Roberts montait sur les marches de Cannes pour la première fois de sa vie en compagnie de George Clooney et de Jodie Foster. Tous venaient présenter Money Monster, un film racontant l'histoire d'un homme armé d'une ceinture d'explosifs qui profite des caméras de télévision pour faire un coup d'éclat en direct devant des millions de téléspectateurs.

Un scénario que les organisateurs du Festival de Cannes, et les policiers chargés de sa sécurité sont déterminés à confiner au domaine de la fiction « made in Hollywood ».

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