Retour

Catalogne : manifestations et actions policières à la veille du référendum

Des milliers de manifestants, tant en faveur que contre le référendum sur l'autodétermination de la Catalogne, ont gagné les rues d'Espagne samedi après-midi, alors que les forces policières multiplient les actions pour empêcher la tenue du vote dimanche.

« Nous aussi, nous sommes Catalans! », criaient des manifestants en faveur de l'unité espagnole dans les rues de Barcelone, en fin de journée.

Ces manifestants brandissaient des drapeaux espagnols, catalans et européens.

Dans le nord de l'Espagne, à Bilbao par exemple, les manifestants pour la tenue du référendum se comptaient par milliers. Près de 40 000 personnes sont sorties dans les rues pour manifester à cet effet.

Du côté du gouvernement espagnol, les autorités ont confirmé que la police a fermé samedi plus de la moitié des écoles qui devaient servir de bureaux de vote dimanche.

Au total, dit-on de source autorisée à Madrid, la police est intervenue dans 1300 des 2315 écoles concernées.

Des parents, des enfants et des militants s'étaient installés dans divers lieux d'enseignement, vendredi soir, pour justement tenter d'empêcher leur fermeture et ainsi permettre leur utilisation dans le cadre du scrutin.

Plus tôt, les autorités avaient intimé à ces occupants l'ordre de libérer les lieux avant dimanche matin.

La clé du succès ou de l'échec du référendum pourrait dépendre de la capacité des 17 000 agents à évacuer tous les bureaux de vote.

Installations occupées

La police espagnole a par ailleurs occupé le centre des communications du gouvernement catalan dans le cadre de la tentative de faire dérailler le référendum de dimanche.

Un porte-parole du gouvernement catalan a ainsi indiqué samedi qu'au moins quatre agents étaient entrés dans le bâtiment sis à Barcelone, d'où sont contrôlés les télécommunications et les services numériques du gouvernement régional, et que ces policiers devraient y rester pendant deux jours.

Cette démarche fait suite à un ordre de la Haute Cour de Catalogne, vendredi, priant les autorités d'empêcher le vote électronique.

La cour a aussi demandé à Google d'effacer une application qui, dit-on, était utilisée pour diffuser de l'information sur le référendum.

La police a saisi des milliers de bulletins de vote, et la justice a infligé des amendes et menacé d'arrêter les responsables régionaux qui participent à l'organisation du scrutin.

À Madrid, le gouvernement reste fermement opposé à ce référendum au nom de la Constitution de l'Espagne qui proclame le pays indivisible. Il a aussi exprimé l'espoir que le calme prévale dimanche.

Une démarche qui bat de l'aile

« C'est à peu près clair, maintenant, que le référendum ne pourra pas être organisé selon des critères acceptables par la communauté internationale », indiquait samedi matin Jean-François Bélanger, envoyé spécial de Radio-Canada à Barcelone, la capitale catalane.

« C'est une bataille pour l'opinion qui se joue ici [...], c'est-à-dire que les Catalans veulent prendre la communauté internationale à témoin, que le monde soit témoin de leur volonté de voter et des efforts déployés par Madrid pour les empêcher de le faire. »

Toujours selon M. Bélanger, les autorités catalanes pourraient ensuite prendre un nouveau rendez-vous référendaire, légitime, celui-là.

« D'ores et déjà, le président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, a écarté l'idée d'une déclaration unilatérale d'indépendance », ajoute Jean-François Bélanger.

Voilà plus de trois semaines que la Cour constitutionnelle espagnole a suspendu le vote et que la police a reçu l'ordre d'interrompre le processus référendaire prévu pour dimanche.

Le gouvernement catalan a malgré tout poursuivi ses préparatifs et appelé les 5,3 millions d'électeurs inscrits de la province à se faire entendre.

Puigdemont demeure ferme

Malgré les revers, M. Puidgemont a assuré que le vote aurait bien lieu.

Un dernier rassemblement de campagne a réuni vendredi soir des partisans de l'indépendance à Barcelone.

Au son d'un orchestre, des participants ont formé le slogan « le référendum est la démocratie » en lettres blanches sur scène devant une foule en liesse, au sein de laquelle de nombreuses personnes arboraient le drapeau jaune et rouge de la Catalogne.

Le président Puigdemont assure que les autorités catalanes gardent plus de 6000 urnes dans des lieux tenus secrets.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine