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Ce que vous devez savoir sur les liens entre Trump et la Russie

Pas une semaine ne se passe sans une nouvelle révélation sur les liens entre l'entourage du président Trump et la Russie. Retour sur cinq moments forts de cette saga qui n'est pas près de se terminer.

Un texte de Ximena Sampson

1. Le piratage des courriels du Parti démocrate : été 2016

Il y a un peu plus d’un an, en juin 2016, le Parti démocrate confirmait que des courriels internes montrant que la direction du parti aurait favorisé la candidature d'Hillary Clinton au détriment de celle de Bernie Sanders avaient été piratés.

Le 22 juillet, plus de 19 000 courriels de hauts responsables démocrates étaient rendus publics sur le site de WikiLeaks.

Le Comité national démocrate (CND) a accusé des pirates informatiques à la solde du gouvernement russe de s’être infiltrés dans son réseau, tandis que les responsables de la campagne d'Hillary Clinton insinuaient que les Russes voulaient ainsi aider Donald Trump, l'adversaire de leur candidate dans la course à la Maison-Blanche.

Le gouvernement russe a immédiatement nié, tout comme le candidat républicain.

Le FBI a déclenché une enquête sur ces infiltrations.

Le 27 juillet, Donald Trump a invité les Russes à pirater les courriels de Mme Clinton. « Russie, si vous écoutez, j'espère que vous serez capables de retrouver les 30 000 courriels qui manquent », a-t-il déclaré, en faisant référence aux messages effacés du serveur privé de la démocrate alors qu’elle était secrétaire d’État.

Devant le tollé provoqué par ces déclarations, il a assuré que ses propos étaient ironiques.

« C’est assez inhabituel de voir un candidat à la présidence quasiment encourager une puissance étrangère à fouiller dans les serveurs d’un parti rival pendant la course à la présidence », remarque la journaliste de Radio-Canada Manon Globensky, ancienne correspondante à Washington.

2. Le lien avec les Russes est établi : janvier 2016

Le 6 janvier 2017, les services de renseignement américains publient un rapport qui établit que le gouvernement russe a clairement cherché à favoriser l'élection de Donald Trump et à discréditer la campagne d'Hillary Clinton. Selon les agences, cette campagne était dirigée directement par le président russe, Vladimir Poutine.Déjà, en décembre, le président Obama avait sévi contre les efforts russes de « nuire aux intérêts américains » en annonçant une série de mesures, dont l’expulsion de 35 diplomates russes et la fermeture de deux centres russes à New York et dans le Maryland.

3. Démission de Michael Flynn : 13 février 2017

Moins d’un mois après sa nomination, le 13 février 2017, le nouveau conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael Flynn, doit démissionner à cause de ses liens avec la Russie.

L’administration Trump avait pourtant été avertie que les contacts entre Michael Flynn et la Russie pouvaient le placer dans une situation compromettante. Barack Obama avait prévenu Donald Trump dès le mois de novembre qu’il pouvait poser un risque à la sécurité du pays. La procureure générale de l’époque, Sally Yates, a affirmé qu’elle avait signalé au président que son conseiller pourrait être victime de chantage.

« Malgré tous les avertissements et tout ce que l’administration Trump savait sur Flynn, on a choisi de le garder [le plus longtemps possible] », souligne Vincent Boucher, chercheur en résidence à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.

Le FBI enquête présentement sur M. Flynn.

4. Le congédiement de James Comey : 9 mai 2017

Le 9 mai 2017, le président américain renvoie le directeur du FBI, James Comey, qui menait l’enquête sur les liens entre l'équipe de campagne de M. Trump et la Russie. La raison officielle est qu’il aurait mal mené une autre enquête, celle sur les courriels effacés par Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’État.Mais ce n’est qu’un prétexte, soutient Vincent Boucher. « On a appris ensuite de la bouche de Trump que le comportement de M. Comey sur la Russie lui déplaisait », affirme le chercheur. « La Maison-Blanche tentait de prendre le contrôle de l’enquête sur la Russie et de remplacer M. Comey par quelqu’un de plus loyal. »

Le 18 mai, le département de la Justice nomme l’ancien directeur du FBI Robert Mueller comme procureur spécial pour enquêter sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle.Cette affaire n’a pas fini de hanter Donald Trump. Alors que M. Comey a assuré à plusieurs reprises à M. Trump qu’il n'était pas l’objet d’une enquête pour de possibles liens avec la Russie, il l'est maintenant pour tentative d’entrave à la justice.

En effet, le président aurait demandé au directeur du FBI de mettre un terme à l’enquête sur son ancien conseiller. Mais le lui a-t-il a ordonné ou l’a-t-il simplement souhaité? C’est une nuance qui change la donne.

« L’indépendance du bureau d’enquête fédéral, c’est quelque chose avec laquelle le président ne peut pas jouer, souligne Manon Globensky. S’il a demandé qu’on abandonne l’enquête sur M.  Flynn, ce serait de l’obstruction à la justice. »

5. Les courriels de Donald Trump fils : 9 juillet 2017

Le fils du président a admis avoir rencontré lors de la campagne présidentielle une avocate russe proche du Kremlin qui, lui avait-on laissé entendre, détenait des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

Il a par la suite rendu publics ses échanges par courriel avec l’intermédiaire qui a organisé la rencontre, dans lesquels il mentionne qu’il « adorerait » obtenir ce type d’information.

Donald Trump fils a effectivement rencontré Natalia Veselnitskaya le 9 juin 2016, mais il soutient qu’il n’a finalement pas obtenu ce qu’il cherchait. C’était une perte de temps, a-t-il soutenu, puisque l’avocate cherchait surtout à obtenir un allègement des sanctions contre la Russie. Plusieurs autres personnes ont participé à la rencontre, dont un ancien agent soviétique devenu lobbyiste.

Cet aveu représente une première. « On a appris qu’il y avait des gens proches de M. Trump qui étaient avides d’informations compromettantes sur Mme Clinton en provenance de la Russie », soutient M. Boucher.

Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, et Paul Manafort, qui était alors directeur de la campagne, ont également pris part à la rencontre. MM. Manafort et Kushner sont déjà l'objet d'une enquête du FBI. Ils témoigneront la semaine prochaine, ainsi que Donald Trump fils, devant une commission du Sénat.

Mme Veselnitskaya a réfuté tout lien avec le pouvoir russe, mais l'agence Reuters a dévoilé qu'elle avait représenté une unité militaire dirigée par l'agence des services de renseignement de la Russie entre 2005 et 2013.

Des proches de Donald Trump visés par une enquête :

Paul Manafort - L'ex-président de la campagne de Donald Trump, qui a démissionné en août 2016, est soupçonné d'avoir reçu des paiements secrets pour ses conseils et services à l'ancien président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch entre 2007 et 2012. Il était également présent lors de la rencontre entre Donald Trump fils et l’avocate russe. « Lorsque Donald Trump l’a engagé pour être son directeur de campagne, on connaissait déjà ses liens avec la Russie, rappelle la journaliste Manon Globensky. Ça n’a jamais été un secret. »

Jared Kushner - Le mari d'Ivanka Trump et proche conseiller de Donald Trump aurait, selon des médias américains, proposé de se servir de l'ambassade russe à Washington pour établir un canal de communication secret entre l'équipe de Donald Trump et le Kremlin. Il en aurait discuté avec l'ambassadeur russe lors d'une rencontre en décembre à laquelle assistait l'ex-conseiller Michael Flynn.

Le FBI tente aussi d’en savoir plus sur plusieurs dossiers dans lesquels Donald Trump serait impliqué, notamment ses liens d’affaires avec des banques russes qui étaient sous sanction américaine. « Il aurait tenté d’obtenir du financement pour des projets immobiliers de la famille Kushner à travers ces banques, affirme le chercheur Vincent Boucher. On se demande si ça pourrait influencer la manière dont il conseille le président et les décisions par rapport à certaines politiques qui pourraient favoriser à la fois ses intérêts personnels et des intérêts russes. »

Jared Kushner était aussi présent lors de la rencontre entre Donald Trump fils et l’avocate russe, mais il serait parti avant la fin. « C’est probablement, au sein de l'administration Trump, la personne la plus touchée par les révélations des messages courriel de Trump fils », avance Vincent Boucher.

Roger Stone, J. D. Gordon et Carter Page - trois anciens conseillers du président.

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