Retour

Ces Américains qui ne regrettent pas d’avoir voté Trump

L'heure est aux premiers bilans pour Donald Trump et son équipe. Leurs 100 premiers jours au pouvoir ont été marqués par beaucoup de confusion et plusieurs échecs. Mais les Américains qui ont appuyé le controversé homme d'affaires, eux, dressent un tout autre bilan de ce début de présidence hors de l'ordinaire.

Dans l’ouest du Wisconsin, il y a Prairie-du-Chien. Une petite ville fondée par des trappeurs français après la découverte du Mississippi. C’est l’un de ces coins oubliés des États-Unis, mais redécouverts avec l’élection américaine. Un de ces endroits où on a tourné le dos au Parti démocrate pour donner la victoire à Donald Trump. Ici, peu de gens regrettent leur choix.

On est unanimes dans cet atelier de réparation de petits moteurs : on a voté Trump pour que les choses changent. « Les gens en ont assez de vivre comme ça », lance le propriétaire, Mark Berns. « Ils veulent pouvoir payer l'université de leurs enfants, avoir une couverture médicale » bon marché.

Il est trop tôt pour juger de la performance de Donald Trump, ajoute un de ses employés, John Marks, mais il n’est pas question d’abandonner ses espoirs.

On prêche aussi la patience dans une petite boulangerie située de l’autre côté de la rue. Chris Mara, un vendeur d’assurances, sent que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche a remonté le moral des Américains.

Parmi ces « bonnes choses », il y a ces promesses pour aider les petites entreprises et réduire les impôts. Ça, le propriétaire de la Local Bakery aime bien. Mais Greg Cerven avoue que le tempérament impulsif du président le rend nerveux. « Il est trop effronté », explique-t-il, en pensant aussi au compte Twitter du président.

« Le Congrès doit écouter ses électeurs »

À ce point-ci dans son mandat, Donald Trump est le président le moins populaire de l’histoire américaine. Mais à Prairie-du-Chien, ce n’est pas lui qu’on blâme. On montre plutôt du doigt les élus, surtout les républicains. Le sentiment qui animait les partisans de Donald Trump en campagne est encore présent : on veut un président qui brasse la cage et bouleverse l'ordre établi à Washington.

« Il faut que le Congrès écoute ses électeurs », explique Rhonda Cerven, copropriétaire de la Local Bakery. Elle n’aime pas comment Donald Trump parle des femmes, mais elle appuie ses idées économiques. Si les élus travaillaient ensemble pour le bien commun, elle croit que « Trump pourrait être l'un des meilleurs présidents de l'histoire ».

« Il y a plein de choses qu'il faut changer ici », déplore Lydia Holt, qui doit tenir un budget serré pour répondre aux besoins de sa petite famille. Elle avait voté Obama il y a quatre ans, mais ne regrette pas d'avoir appuyé Trump. « Il y a trop de gens qui dépendent du gouvernement », dit-elle en précisant penser à ceux qui « pourraient travailler » mais qui « fument du pot ».

« L’endroit le plus occupé » de la ville, selon certains, c’est la Bargain Boutique, un magasin d’articles usagés tenu par CouleeCap, un groupe d’aide aux défavorisés. La responsable de l’organisme a voté démocrate, doutant des véritables intentions de Donald Trump.

« C’est comme si le gouvernement ne se préoccupait plus de nous », lance Vincent Lara. Autiste léger et souffrant également d'un handicap physique aux articulations, une partie de ses revenus provient de programmes gouvernementaux, qui lui semblent de moins en moins généreux. Cette tendance a débuté avant la présidence Trump, mais pourrait s’accélérer.

Il est vrai que la plupart des idées de l’administration Trump ne se sont pas encore matérialisées. Les craintes de ceux qui aident les défavorisés demeurent théoriques. Entre deux rayons d’articles usagers, le jeune Michael Knipfel reste donc dans les rangs du président. Il est de ceux qui espèrent.

Plus d'articles

Commentaires