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Ces candidats à la présidentielle qui promettent des poneys ou la vie éternelle

Vous pensez que la campagne présidentielle actuelle flirte parfois avec le surréalisme? Vous n'avez encore rien vu. Certains candidats proposent des voyages dans le temps ou même la vie éternelle.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Dans la lutte entre le républicain Donald Trump et la démocrate Hillary Clinton s'immiscent bien sûr des candidats sérieux, comme Gary Johnson, du Parti libertarien, ou encore Jill Stein, du Parti vert. Mais parmi les centaines de candidats en lice, certains sont carrément extravagants.

Les uns se croient, les autres cabotinent ou encore utilisent l'humour pour passer un message. Voici quelques-uns de ces candidats aux promesses pour le moins originales.

VERMIN SUPREME, candidat de l'absurde

Coiffé d'une botte en caoutchouc noire, armé d'une brosse à dents géante et affublé d'une demi-douzaine de cravates, Vermin Supreme est un habitué des élections présidentielles depuis des décennies.

Brossage de dents obligatoire, distribution gratuite de poneys à tous les Américains, préparation à l'invasion de zombies, financement de la recherche scientifique sur les voyages dans le temps - notamment pour tuer bébé Hitler - sa plateforme est simple.

Le candidat, qui se présente comme un « fasciste amical » conscient de ce qui est bon pour les citoyens, verse, vous l'aurez compris, dans la satire politique. Il s'engage d'ailleurs à ne tenir aucune de ses promesses... et encourage les Américains à donner un rein.

Son message trouve un certain écho dans l'électorat. Alors qu'il faisait campagne dans le camp démocrate lors de la primaire du New Hampshire, en février dernier, Vermin Supreme a reçu 260 votes, se classant quatrième sur des dizaines de candidats.

ALICE COOPER, celui qu'il faut pour une « époque perturbée »

Quarante-quatre ans après avoir lancé sa chanson Elected, rééditée pour l'occasion, Alice Cooper se présente devant les électeurs américains comme « un homme perturbé pour une époque perturbée ». Le rockeur de 68 ans promet de « rendre l'Amérique de nouveau malade [Make America sick again] », clin d'oeil au slogan du républicain Donald Trump.

Son « manifeste » tient en 10 points, dont l'interdiction des égoportraits (selfies) - sauf lors d'une journée nationale qui leur serait consacrée. Une décision qui pourrait provoquer une guerre avec le Canada, a-t-il ironisé en entrevue à l'émission Infoman, faisant référence au premier ministre Justin Trudeau.

Ses autres engagements? Entre autres choses, interdire les conversations au cinéma, orner les billets de 50 $ du visage de Groucho Marx et ajouter sur le mont Rushmore la scupture de Lemmy Kilmister, membre fondateur du groupe Motörhead mort en 2015, à celles de quatre présidents américains.

« La dernière chose que je veux, c'est être président », a admis sur les ondes de CNN celui qui lance un appel à ne pas voter pour lui. « Je hais la politique. Je me suis dit que la meilleure façon de punir la politique, c'était de me présenter », a-t-il confié à notre Jean-René Dufort national.

Reconnu pour son approche théâtrale, l'ancien mauvais garçon de la musique américaine brigue les suffrages à chaque élection présidentielle depuis 1972.

ZOLTAN ISTVAN, apôtre du « transhumanisme »

En 1961, John F. Kennedy avait promis d'envoyer un homme sur la Lune d'ici la fin de la décennie. Zoltan Istvan, lui, se donne de 15 à 20 ans pour faire de la vie éternelle une réalité.

Cœurs artificiels, bras bioniques, téléphones intelligents miniaturisés implantés dans le corps, téléchargement de l'esprit humain dans un robot : le chef du Parti transhumaniste promet d'utiliser la science et la technologie pour améliorer la vie des humains, mais aussi vaincre la mort et le vieillissement.

« L'avenir vient vite », fait remarquer Zoltan Istvan, qui se présente comme « un futurologue et un philosophe ».

C'est pourquoi on doit tout de suite préparer des lois assurant la « liberté morphologique », en vertu de laquelle les citoyens pourront transformer leur corps comme ils le désirent.

Il faudra aussi, ajoute le chef transhumaniste et auteur d'un roman de science-fiction, penser à protéger les droits des robots dotés de conscience et ceux des cyborgs, des humains améliorés par des greffes de pièces mécaniques.

Et comme les robots occuperont la majorité des emplois, il faut aussi prévoir un revenu minimal pour les autres. Voyez un aperçu de ce qu'il propose dans cette vidéo (en anglais) :

DA VID RAPHAEL, l'apôtre de la lumière

Issu du Nouvel Âge, The Light Party (Parti de la lumière) s'ancre dans une « puissante conscience spirituelle » et prône « la santé, la paix et la liberté pour tous ».

Son chef, Da Vid Raphael, se définit comme un physicien, un écologiste et un artiste et s'autoproclame directeur de la Fondation pour la paix mondiale.

La formation, qui se veut une « synthèse des partis républicain, démocrate, libertarien et vert », propose une plateforme en sept points.

Elle vise notamment à faire de l'île d'Alcatraz, dans la baie de San Francisco, un centre mondial de la paix, et à lancer un réseau de télévision qui « inspire, enchante, guérit et éclaire ». Le parti prône également la création du consortium Gaia/Solaris, dont le mandat serait de créer une économie basée sur l'hydrogène solaire et le chanvre.

Et non, de telles candidatures ne sont pas uniques!

His Royal Majesty Caesar Saint Augustine de Buonaparte Emperor of the United States of Turtle Island tente - sans succès - sa chance depuis 1996.

En cette ère d'incertitude, Roland Durphy Menard III, lui, se veut rassurant. Il n'y a aucun événement cataclysmique en vue, garantit celui à qui l'astrologie a révélé son potentiel de guide spirituel.

W. Knox Richardson, du Helluva Party, assume la satire jusqu'au bout : sa formation est « le parti des politiques du n'importe quoi », « le tout premier parti apolitique sans idéologie précise ».

La liste continue encore et encore avec, par exemple, Buddy the Cat, Moose the Dog, Princess Oawlawolwadol ou Jesus Christ.

Mais un des candidats des deux principaux partis est lui-même un politicien atypique. Il est rare qu'un prétendant à la présidence voie les médias qualifier ses discours d'« au-delà de bizarres », sa vision du monde d'« étrange » et proposer un florilège de ses « citations les plus folles ». Entre autres qualificatifs.

La conclusion d'un commentateur politique du L.A. Times : « Donald Trump est comme un personnage d'Alice aux pays des merveilles. »

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