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Cessez-le-feu partiel consolidé en Syrie en attendant la reprise des pourparlers de paix

Après deux jours de négociations organisés à Astana, au Kazakhstan, la Russie, la Turquie et l'Iran ont convenu mardi d'instaurer un mécanisme trilatéral de mise en oeuvre et de surveillance du cessez-le-feu signé le 29 décembre dernier par le régime de Bachar Al-Assad et certains représentants de l'opposition syrienne.

Les trois parrains de cette conférence - la première à réunir des factions armées du conflit syrien depuis le printemps 2016 - ont également dit soutenir la volonté des groupes d'opposition armés de participer au prochain cycle de négociations parrainées par les Nations unies, qui doit s'ouvrir le 8 février à Genève, en Suisse.

Moscou, Ankara et Téhéran ont également réclamé la mise en oeuvre de la résolution 2254 de l'ONU, votée en décembre 2015. Outre un cessez-le-feu, cette résolution préconisait la mise en place « d'une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire » d'ici six mois, la rédaction d'une nouvelle Constitution et des élections « libres et régulières », sous supervision de l'ONU, d'ici 18 mois.

Il n'y a pas de solution militaire au conflit, qui ne peut être réglé qu'à travers un processus politique.

Extrait de la déclaration finale

La Russie et l'Iran ont été des appuis indéfectibles du régime syrien dans ce conflit armé, qui a fait plus de 300 000 morts depuis le printemps 2011.

La Turquie soutient plutôt différentes factions rebelles sunnites, y compris certaines qui étaient impliquées dans la bataille d'Alep, finalement tombée aux mains du régime en décembre.

La conférence de paix d'Astana s'est déroulée en l'absence de plusieurs groupes armés qui contrôlent de larges portions du territoire syrien.

C'est notamment le cas du Front Fatah Al-Cham, dénomination adoptée par le groupe Al-Nosra depuis sa rupture annoncée avec Al-Qaïda, et le groupe armé État islamique (EI), considérés comme des organisations terroristes par tous les participants.

Les Kurdes, qui contrôlent aussi de larges pans du territoire le long de la frontière turque, ont été laissés en plan en raison de l'opposition d'Ankara, qui les considèrent également comme des terroristes.

Satisfaction pour Damas, scepticisme pour les rebelles

Le chef de la délégation syrienne, Bachar Jaafari, estime que la conférence est un « succès » et s'est dit satisfait de la déclaration finale, qui n’a cependant pas été signée par les deux délégations syriennes.

La rencontre d'Astana a réussi à atteindre l'objectif de consolider le cessez-le-feu pour une période donnée, montrant le chemin vers un dialogue entre les Syriens. [...] Il n'y avait qu'un objectif à Astana: consolider le cessez-le-feu et le régime.

Bachar Jaafari, chef de la délégation syrienne

Le chef de la délégation des insurgés, Mohamed Allouche, a cependant émis des réserves. Il souligne en outre avoir transmis à la Russie une proposition de cessez-le-feu général et attendre une réponse d'ici une semaine.

« Les Russes avaient un statut de partie prenante du conflit et s'emploient désormais à devenir un garant », a-t-il déclaré à la presse. « Ils se heurtent aux obstacles dressés par les forces du Hezbollah, par l'Iran et par le régime syrien. »

Les insurgés, a-t-il ajouté, n'accepteront jamais que l'Iran ait son mot à dire dans l'avenir de la Syrie.

Un autre délégué de l'opposition a déclaré ne pas être satisfait du communiqué final. « L'Iran est à la pointe dans une série d'offensives militaires et responsable du déplacement forcé de milliers de Syriens ainsi que du bain de sang. Ce communiqué légitime son rôle », a-t-il dit sous le sceau de l'anonymat.

Un autre délégué des rebelles est d’avis que la Turquie s'est montrée faible durant les discussions d'Astana et n'a pas su faire valoir les positions des insurgés. Selon lui, l’opposition ne devrait pas accepter la conclusion de la conférence d’Astana.

L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a salué la décision de consolider le cessez-le-feu partiel en Syrie, en rappelant que les Nations unies constituent « le joueur-clé en ce qui concerne le processus politique ».

Pas de négociations directes

Bien qu'ils se soient assis à la même table lors de la cérémonie d'ouverture, les délégations du régime et des rebelles n’ont finalement pas négocié face à face avec les émissaires du régime, mais dans des pièces séparées, à l'aide d'un médiateur.

Selon l’AFP, Mohammad Allouche a insisté d'emblée lundi sur un « gel des opérations militaires » et l'amélioration de l'accès à l'aide humanitaire pour la population civile. Une conférence sur l’aide humanitaire en Syrie se tient d’ailleurs mardi à Helsinki, en Finlande.

Les rebelles ont également exigé l'arrêt des hostilités à Wadi Barada, zone clé pour l'approvisionnement en eau de Damas, où des combats se sont encore déroulés dans la nuit de dimanche à lundi.

« Le principal obstacle au succès de ces négociations sont les violations répétées [de la trêve] et la menace de déplacements forcés dans certaines zones », a fait valoir un porte-parole rebelle, Ossama Abou Zeid, avant la conclusion de la rencontre.

L’ambassadeur Jaafari a pour sa part insisté sur la création d'un « processus politique » et le ralliement des rebelles à la lutte contre l’EI et le Front Fatah al-Cham. Le régime a également affirmé qu'il refuserait de tenir des discussions de haut niveau avec la Turquie ou de signer un document final portant la signature d'un responsable turc.

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