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« Cette culture de fuites doit cesser » - Jeff Sessions

L'administration Trump est déterminée à traduire en justice quiconque transmet du matériel classifié aux médias ou à des gouvernements étrangers, ont assuré vendredi le procureur général Jeff Sessions et le directeur national du renseignement, Dan Coats.

M. Sessions a précisé que le nombre d'enquêtes visant les auteurs de telles fuites a triplé depuis que Donald Trump a pris le pouvoir en janvier dernier. Quatre personnes ont déjà été formellement accusées d'avoir illégalement transmis des documents secrets, a-t-il révélé, sans dévoiler leur identité.

Le procureur général des États-Unis a aussi fait savoir que le FBI déploie davantage de ressources pour enquêter sur les fuites de matériel classifié et qu'il a ordonné aux avocats de son département de traiter ces dossiers en priorité.

Au cours des six premiers mois de l'année, le nombre de dossiers du genre expédiés par la police au secrétariat à la justice est supérieur au volume recensé lors des trois dernières années de l'administration Obama, a-t-il indiqué.

Jeff Sessions a également déclaré devant une salle bondée de journalistes que son département réévalue les règles qui encadrent l'envoi d'assignations à comparaître à des membres de la presse qui publient des informations classifiées.

L'idée est de mieux équilibrer la liberté de la presse avec les impératifs de sécurité nationale, a-t-il dit. « Nous respectons la liberté de la presse, mais cette liberté n'est pas sans limites », a-t-il lancé devant une salle bondée de journalistes.

Les déclarations de M. Sessions ont été faites une semaine après qu’il eut été vertement critiqué par le président Trump. Ce dernier a écrit sur Twitter que son procureur général avait été « très faible » dans sa lutte contre les fuites de matériel classifié.

Dan Coats a insisté pour sa part sur le « grave danger » que ces fuites peuvent engendrer, non seulement pour la sécurité nationale des États-Unis, mais aussi pour tous les agents de renseignements et les militaires qui servent leur pays à l'étranger.

Ces fuites « informent nos adversaires de nos activités et nuisent à notre capacité de transmettre des informations à nos alliés », a-t-il ajouté. Elles coûtent en outre cher au Trésor public lorsque des programmes destinés à rester secrets sont dévoilés au grand jour.

Ces fuites ne proviennent pas que de la communauté du renseignement, a-t-il ajouté, mais aussi du pouvoir exécutif et des membres du Congrès, en appelant tout un chacun à faire preuve de discipline.

Des discussions diplomatiques révélées

La conférence de presse de MM. Sessions et Coats survient au lendemain d’une fuite de documents obtenus par le Washington Post concernant des conversations téléphoniques survenues il y a six mois entre Donald Trump et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto, ainsi qu'avec le premier ministre australien Malcolm Turnbull.

Dans le verbatim publié par le quotidien, Donald Trump exhorte le président mexicain à arrêter de dire publiquement que le Mexique ne paiera pas la construction du mur frontalier qu’il a promis aux électeurs lors de sa campagne électorale.

« Je dois obtenir que le Mexique paie le mur. Je le dois », avait-il dit le 27 janvier dernier.

Lors de vifs échanges avec le premier ministre australien, il semblait exaspéré. « J'ai passé des appels comme ça toute la journée et c'est le plus déplaisant de toute la journée », avait-il lancé.

« Poutine a été un appel plaisant », avait-il souligné au sujet de son échange avec le président russe.

Le président n’a pas encore réagi à ces divulgations, mais depuis son arrivée au bureau ovale, il s’est souvent emporté contre « les fuites illégales ».

Il y a environ deux semaines, le ministre de la Justice a lui-même été la cible d’une fuite sur des discussions qu’il a eues avec un ambassadeur russe, alors qu’il était conseiller diplomatique.

Même si les fuites sont courantes à Washington, celle des retranscriptions d’une conversation avec de hauts dirigeants étrangers sème l'inquiétude, y compris chez de fervents opposants de Trump.

« Il est vital que le président puisse parler en toute confidentialité et, plus important encore, que les dirigeants étrangers puissent répondre en toute confiance », a écrit l’ex-auteur des discours de George W. Bush dans The Atlantic.

Il a ajouté que les dirigeants étrangers risquent de ne pas s’exprimer franchement, craignant que leurs propos se retrouvent dans la presse.

Le porte-parole de la diplomatie américaine sous Barack Obama, John Kirby, a déclaré que peu importe « les raisons qui motivent les fuites, c'est dangereux pour notre politique étrangère ».

Des fuites plus nombreuses?

En juillet, les républicains de la Commission du Sénat sur la sécurité intérieure avaient publié un rapport sur la « vague sans précédent de fuites d'informations potentiellement dangereuses » depuis que Donald Trump est au pouvoir.

« Sous les prédécesseurs de Trump, les fuites d'information sur la sécurité nationale étaient relativement rares », soulignait le rapport.

« Sous le président Trump, les fuites coulent au rythme d'une par jour » et semblent « venir de tout le gouvernement », pouvait-on lire.

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